Treize nations africaines et caribéennes rejettent les propos de Ceferin sur la Coupe du monde élargie


Un front uni de treize fédérations nationales a publié dimanche une déclaration commune pour condamner les remarques attribuées au président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, qui aurait qualifié de nombreux matchs du Mondial 2025 de « complètement inintéressants » lors d’une conférence tenue à Ljubljana, en Slovénie. La réaction, coordonnée et ferme, réunit des pays d’Afrique, des Caraïbes et d’Asie centrale, tous qualifiés pour cette première Coupe du monde à 48 équipes organisée aux États-Unis, au Mexique et au Canada. Elle révèle une fracture de gouvernance qui dépasse largement la querelle conjoncturelle.

Des mots qui blessent ceux qui ont attendu des décennies

Les fédérations du Cap-Vert, de Curaçao, de l’Ouzbékistan, de la République démocratique du Congo, d’Haïti, de l’Algérie, de la Tunisie, du Maroc, de l’Égypte, du Ghana, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique du Sud ont signé conjointement ce texte. Le choix de ces treize noms n’est pas anodin : il regroupe à la fois des nations qui reviennent sur la scène mondiale après une longue absence, comme Haïti ou le Congo, et d’autres qui participent pour la première fois de leur histoire à ce tournoi, comme le Cap-Vert, Curaçao et l’Ouzbékistan.

Pour ces pays, une qualification représente bien plus qu’un résultat sportif. Elle cristallise des années d’investissement dans les infrastructures, la formation des joueurs, le développement des compétitions nationales. La déclaration commune le dit sans détour : « Derrière chaque qualification se trouvent des années de travail et d’investissement. Derrière chaque équipe nationale, des communautés entières et des millions de personnes qui voient le football comme une source de fierté, d’espoir et d’unité. » Suggérer que leurs matchs sont « moins importants », écrivent-elles, constitue un manque de reconnaissance profond envers les joueurs, les entraîneurs, les dirigeants et les supporters.

L’élargissement du Mondial : une décision structurante, non sans débat

Le passage de 32 à 48 équipes marque la modification la plus importante du format de la Coupe du monde depuis 1998, année où la FIFA était passée de 24 à 32 participants. Cette décision, approuvée par la FIFA sous la présidence de Gianni Infantino, répondait à une revendication portée de longue date par les confédérations africaine, asiatique et nord-américaine, dont les quotas de qualification avaient longtemps été jugés sous-représentatifs du poids démographique et footballistique de ces zones.

Les critiques de l’élargissement ne sont pas nouvelles, et Ceferin n’est pas le premier dirigeant européen à les formuler. L’argument central repose sur une logique de densité compétitive : davantage d’équipes signifie, statistiquement, davantage d’écarts de niveau entre participants, et donc potentiellement davantage de matchs à sens unique en phase de groupes. C’est une observation technique qui peut s’appuyer sur des données réelles. Mais c’est précisément l’usage politique de cet argument – formulé publiquement par le président de l’UEFA, instance rivale de la FIFA dans la gouvernance du football mondial – qui a déclenché la réaction des treize fédérations. Pour suivre l’évolution des groupes et des rencontres, consultez notre pronostic France Côte d’Ivoire juin 2026.

Une ligne de fracture entre football européen et football global

La tension entre l’UEFA et la FIFA sur la question du format du Mondial est ancienne. L’UEFA représente les ligues et les clubs les plus puissants économiquement, dont le calendrier et les intérêts commerciaux sont directement affectés par tout élargissement des compétitions internationales. L’ajout de seize équipes implique davantage de matchs, un tournoi plus long, et une pression accrue sur des joueurs qui évoluent déjà dans des calendriers nationaux et continentaux saturés. Ces préoccupations sont légitimes et documentées dans les discussions entre instances sportives et syndicats de joueurs.

Mais formulées par le président de l’UEFA dans un contexte où le tournoi est déjà engagé, où des nations historiquement marginalisées foulent enfin la pelouse du plus grand événement sportif du monde, ces remarques prennent une résonance différente. La déclaration commune ne s’adresse pas à un chercheur en sciences du sport ni à un analyste de données : elle répond à un dirigeant dont les propos, quelle qu’en soit l’intention initiale, ont été perçus comme une hiérarchisation de la valeur des nations. « Le football n’appartient pas à un groupe restreint de nations », écrivent les treize fédérations. « Sa force vient de son universalité. » Pour parier sur les compétitions internationales, découvrez les meilleurs bookmakers disponibles en RDC.

Une controverse qui interroge la gouvernance mondiale du football

L’UEFA n’avait pas encore répondu publiquement aux critiques au moment de la publication de cet article. La controverse met néanmoins en lumière une réalité structurelle : les grandes décisions sur le format des compétitions mondiales sont prises par la FIFA, mais leurs effets symboliques et politiques engagent l’ensemble des acteurs du football global, y compris ceux qui, comme l’UEFA, n’en sont pas les premiers bénéficiaires.

Pour les treize signataires, la réponse va au-delà du rejet d’une citation. Leur déclaration se conclut sur une affirmation de principe : « Chaque nation qui se qualifie mérite le respect. Chaque équipe a gagné sa place au mérite. Chaque supporter a le droit de rêver. » Des mots qui, dans le contexte d’un tournoi inédit, résonnent comme un rappel que l’histoire du football ne s’écrit pas uniquement dans les stades des capitales européennes. Pour approfondir le sujet, lisez aussi La Coupe du Monde 2026 s’ouvre à trois nations et réinvente son format.

Serge Mbeki
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Serge Mbeki

Serge Mbeki — Rédacteur football & comparatifs bookmakers Serge Mbeki a grandi à Kinshasa. Après des études en journalisme à l'IFASIC, il travaille d'abord pour une radio sportive locale avant de se tourner vers la presse digitale en 2017, couvrant…

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