Tottenham déjà sous pression, De Zerbi face à une série de choix qui interrogent


Tottenham déjà sous pression, De Zerbi face à une série de choix qui interrogent

Tottenham paie déjà très cher son début de saison catastrophique, et les critiques se concentrent sur Roberto De Zerbi. Après cinq journées, le club londonien est lanterne rouge de Premier League malgré un été marqué par des dépenses massives et de grandes ambitions. Le constat est brutal: l’effectif a été reconstruit, l’argent a été investi, mais le terrain raconte tout autre chose.

Le bilan financier impressionne autant qu’il inquiète. Tottenham a dépensé 334 millions de livres, tout en récupérant 158 millions grâce aux ventes, pour un solde net de 176 millions. Sur le papier, le projet devait relancer une équipe meurtrie par une lutte pour le maintien la saison précédente. Dans les faits, les cicatrices du dernier exercice restent visibles, et le groupe peine encore à repartir sur des bases solides.

Le cas Vuskovic, symbole d’un pari déjà mal compris

Parmi les décisions les plus discutées, le départ de Luka Vuskovic ressort immédiatement. Le défenseur croate voulait du temps de jeu, et Tottenham a fini par accepter de le laisser partir, faute de pouvoir lui promettre un rôle clair. Le club estimait encore qu’il devait franchir plusieurs étapes avant d’entrer dans la rotation principale.

Sauf que la réalité du terrain a déjà donné un premier verdict sévère. Vuskovic a été titularisé face à Arsenal et s’est montré à la hauteur, au point d’aider Brighton à garder sa cage inviolée lors d’un large succès 3-0. Il a aussi marqué contre Leeds et s’est installé dans le cœur de la défense. Vendu 46 millions de livres, plus 4 millions de bonus potentiels, il représente aujourd’hui un pari qui pourrait coûter cher à Tottenham, même avec une clause de revente de 20 %.

Le club avait pourtant investi 52 millions de livres sur Jan Paul van Hecke, censé offrir une garantie immédiate. Pour l’instant, l’écart attendu entre les deux joueurs n’apparaît pas. Et c’est bien ce contraste qui dérange: Tottenham a laissé partir un jeune défenseur promis à un bel avenir, sans avoir la certitude que son remplaçant ferait mieux dès maintenant.

Tottenham n’était pas prêt, mais l’aveu de De Zerbi pèse lourd

Le calendrier de préparation a également laissé des traces. Le voyage en Nouvelle-Zélande et en Australie, au retour d’une Coupe du monde, n’était pas idéal pour lancer une nouvelle saison. Plusieurs joueurs, tout comme l’entraîneur, ont laissé entendre que les conditions de reprise n’avaient rien de parfait.

Le problème, cette fois, tient surtout au message envoyé par De Zerbi après la première défaite à Brentford. Expliquer qu’il savait son équipe trop juste pour rivaliser dès l’ouverture du championnat revient à reconnaître une forme d’impréparation. Or, lorsqu’il est arrivé pour remettre le groupe à flot, le coach ne voulait entendre aucune excuse. Cette fois, le retour de bâton est sévère: son jugement peut sembler lucide, mais il renvoie aussi à sa propre responsabilité.

La comparaison avec les autres clubs de Premier League est d’ailleurs cruelle. Tous ont débuté leur saison dans des conditions similaires, sur une courte fenêtre de quelques jours. L’argument du désavantage logistique existe, mais il ne suffit pas à justifier une entrée en matière aussi pauvre.

Des recrues coûteuses encore loin du compte

Le secteur du milieu concentre une autre partie des regrets. Sandro Tonali et Mateus Fernandes ont coûté respectivement 100 millions et 85 millions de livres. Des montants qui imposent forcément des attentes immenses. Pourtant, ni l’un ni l’autre n’a encore pris la mesure de son rôle dans cette équipe.

Fernandes reste un joueur jeune, marqué par deux relégations consécutives, ce qui explique en partie ses difficultés. Tonali, lui, devait apporter une réponse immédiate. Son profil laissait espérer un impact quasi instantané. Mais entre petits pépins physiques et manque d’automatismes collectifs, les deux hommes n’ont pas encore porté le groupe comme Tottenham l’espérait.

Le vrai souci, au-delà des prestations individuelles, est plus large: quand un club dépense 185 millions de livres sur deux milieux de terrain, il attend qu’ils deviennent le moteur de l’équipe. Pour le moment, ce centre de gravité n’existe pas. Et l’entraîneur ne semble pas encore avoir trouvé la bonne utilisation pour Fernandes.

Tottenham et le dossier Richarlison, une gestion qui laisse des traces

Le cas Richarlison illustre aussi une saison lancée dans la confusion. L’attaquant a longtemps oscillé entre un départ possible et un maintien temporaire. Puis, lorsque les fenêtres européennes et turques se sont refermées, la piste Vasco da Gama est restée sans suite, faute d’accord sur les conditions personnelles.

Résultat: Tottenham se retrouve avec un avant-centre sur le côté, presque mis à l’écart, au moment même où le secteur offensif manque de mordant. Pour un joueur correctement rémunéré, la situation devient peu lisible et peu rentable pour le club. Le plus frustrant, c’est sans doute l’impression qu’un dénouement plus clair aurait pu intervenir bien plus tôt dans l’été.

En évitant ce flou, Tottenham aurait pu récupérer une somme intéressante et tourner la page dans de meilleures conditions. À la place, le dossier donne le sentiment d’une séparation mal préparée, qui n’arrange personne.

Spence, Porro et Kinsky: des choix qui fragilisent encore l’équilibre

La vente de Djed Spence fait également débat, surtout au vu des circonstances. Pedro Porro, revenu d’un parcours intense en Coupe du monde, s’est blessé musculairement, ce qui complique encore le couloir droit. Spence, lui, a rejoint l’Inter Milan pour environ 25,6 millions de livres, alors qu’il pouvait prétendre à un vrai rôle cette saison.

Le défenseur anglais offrait plusieurs options. Il pouvait évoluer à droite, à gauche, voire plus haut si nécessaire, tout en restant un joueur formé localement. Tottenham a certes dû vendre pour respecter certaines contraintes financières, mais le timing interroge. Avec Porro sur le flanc, Spence aurait sans doute été plus qu’une simple solution de secours.

Autre sujet sensible: le gardien. De Zerbi a choisi de faire confiance à Antonin Kinsky après sa bonne fin de saison dernière, mais la dernière journée a rappelé à quel point ce poste ne tolère aucun flottement. Une hésitation, et la sanction tombe immédiatement. Kinsky reste un projet intéressant, mais Tottenham manque encore de garanties dans une zone où l’erreur coûte souvent des points.

Le choix De Zerbi au cœur des inquiétudes à Tottenham

Au final, le problème de Tottenham n’est pas seulement comptable. Il est aussi sportif, tactique et psychologique. Le club a beaucoup investi, mais plusieurs décisions du coach ont accentué les fragilités du groupe au lieu de les réduire. Le mercato n’a pas encore donné ses fruits, certains dossiers ont traîné, et l’équipe n’a toujours pas trouvé son rythme.

De Zerbi conserve des arguments. Son équipe montre par séquences des signes de mieux, et le chantier reste jeune. Mais le football anglais ne laisse aucun répit, surtout quand le tableau d’affichage place déjà Tottenham tout en bas. La marge d’erreur s’est réduite d’un coup, et les prochains choix de l’entraîneur pèseront déjà plus lourd que les précédents.

Serge Mbeki
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Serge Mbeki

Serge Mbeki — Rédacteur football & comparatifs bookmakers Serge Mbeki a grandi à Kinshasa. Après des études en journalisme à l'IFASIC, il travaille d'abord pour une radio sportive locale avant de se tourner vers la presse digitale en 2017, couvrant…

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