Sihlangu s’enlise et voit l’AFCON s’éloigner encore


La sélection masculine d’Eswatini traverse sa plus longue disette récente: plus d’un an sans victoire et dix matches consécutifs sans succès. Cette série a pris une tournure plus lourde encore avec l’élimination face à l’Érythrée, un revers qui fragilise un peu plus l’ambition nationale de voir enfin Sihlangu atteindre une grande phase finale continentale.

À Mbabane, le constat dépasse la simple mauvaise passe. Dans un pays où le football national porte une charge symbolique forte, l’écart entre l’objectif affiché – se qualifier pour un tournoi majeur – et les résultats actuels devient difficile à ignorer.

Une série noire qui change de dimension

La dernière victoire de Sihlangu remonte au 29 décembre 2024, un succès 1-0 contre Madagascar en qualification du CHAN, insuffisant toutefois pour passer au total des deux matches. Depuis, l’équipe a enchaîné dix rencontres dans trois compétitions, pour quatre nuls et six défaites. Le chiffre brut dit déjà beaucoup; la dynamique, elle, est plus préoccupante encore.

La défaite cumulée 4-1 contre l’Érythrée a marqué un seuil. L’adversaire n’était pas classé et revenait seulement au football international officiel après cinq années d’absence. Pour une sélection qui avait jusque-là su franchir les tours préliminaires des qualifications continentales, sortir à ce stade ressemble à un recul net plus qu’à un simple accident.

Un problème de continuité sportive et technique

Une telle série sans victoire s’explique rarement par un seul facteur. Dans le football de sélection, le temps de travail est limité, les automatismes sont fragiles et chaque changement d’encadrement peut coûter cher. Une partie importante de cette séquence s’est déroulée lors des qualifications pour la Coupe du monde sous la direction du technicien croate Zdravko “Loga” Logarusic, avant que son adjoint “Nuro” ne prenne la suite.

Le bilan du nouvel intérim n’a pas permis de relancer l’équipe. Le nul concédé contre l’Angola après une avance de deux buts, puis la lourde défaite contre le Cap-Vert, ont mis en lumière un défaut de maîtrise dans les moments clés. Les deux revers contre l’Érythrée ont prolongé cette impression: Sihlangu peine non seulement à gagner, mais aussi à protéger ses temps forts et à résister quand le match bascule. Pour suivre l’évolution des autres équipes africaines, consultez notre pronostic Siwelele TS Galaxy.

Dans ce type de cycle, la confiance devient un facteur central. Une sélection qui doute s’expose à des erreurs de gestion, à une moindre efficacité dans les deux surfaces et à une fébrilité qui se transmet vite d’un rassemblement à l’autre.

Au-delà des scores, une question de projet national

Le malaise a aussi une portée institutionnelle. Le souhait du roi Mswati III de voir Eswatini participer à un grand tournoi international a donné au parcours de l’équipe une dimension politique et identitaire. Quand les résultats stagnent, c’est tout le projet de progression du football national qui se retrouve interrogé: qualité de la préparation, profondeur du vivier, continuité des choix techniques, capacité à élever le niveau d’exigence.

Dans beaucoup de petites nations du football africain, la qualification ne repose pas seulement sur le talent brut. Elle exige une stabilité des méthodes, une organisation claire des rassemblements et une capacité à transformer des matches serrés en résultats. Eswatini n’est pas condamné par sa taille, mais la marge d’erreur y est plus faible que pour les puissances régionales. Pour parier sur le football africain, découvrez les meilleurs bookmakers du moment.

Ce que révèle la crise actuelle

Cette série dépasse les précédentes périodes sans victoire, notamment celle de huit matches entre juillet 2022 et juillet 2023 et celle de sept rencontres entre mars et octobre 2024. Elle installe l’idée d’un plafond que Sihlangu n’arrive plus à percer.

La suite dépendra moins d’un discours de circonstance que d’une réponse cohérente. Le premier enjeu est de restaurer une base compétitive: solidité défensive, gestion émotionnelle des rencontres et hiérarchie technique lisible. Le second est plus large: redonner au public des signes tangibles de progression. Car pour une sélection nationale, perdre longtemps ne détériore pas seulement un classement ou un calendrier de qualification; cela érode aussi la croyance collective indispensable à toute ambition sportive durable.

Pour comprendre comment d’autres équipes de la région gèrent leurs difficultés, lisez aussi notre article sur Siwelele accroché par TS Galaxy dans un match spectaculaire.

Aminata Kouyaté
auteur

Aminata Kouyaté

Aminata Kouyaté — Analyste paris & journaliste sportive Aminata Kouyaté a grandi à Bouaké. Après une formation en journalisme à l'ISTC d'Abidjan, elle commence sa carrière dans la presse radio locale en 2003, couvrant les matchs de ligue nationale ivoirienne…

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