Randal Kolo Muani relance Juventus, mais le doute persiste déjà autour de lui
Randal Kolo Muani traverse une période délicate à la Juventus, où son arrivée devait pourtant remettre sa carrière sur de bons rails. L’ancien attaquant de Tottenham Hotspur, transféré définitivement depuis le Paris Saint-Germain, peine encore à imposer ses repères à Turin. Et les premières critiques commencent à s’accumuler autour d’un joueur déjà observé de près en Premier League.
Le contraste est saisissant. Quelques mois plus tôt, la Juve s’appuyait sur l’image d’un international français capable de peser en Serie A, fort de sa belle saison précédente avec huit buts en 16 matchs de championnat. À Londres, en revanche, son passage avait laissé une impression plus nuancée: de bonnes séquences en Ligue des champions, mais trop peu d’impact dans le jeu quotidien de championnat.
De Tottenham à Turin, un même malaise offensif
À Tottenham, Kolo Muani n’a jamais vraiment trouvé la bonne cadence. Son prêt, conclu l’été dernier, s’est terminé sur un bilan modeste en Premier League, avec un seul but et une passe décisive en 30 apparitions. Dans une équipe où la demande physique et la répétition des efforts sont constantes, il est souvent resté en marge de son meilleur profil.
Son vrai visage s’était davantage vu sur la scène européenne. En Ligue des champions, il avait montré plus de spontanéité, plus de justesse dans les appels, avec quatre buts et deux passes décisives en neuf matchs. Ce rendement contrasté expliquait en partie pourquoi la Juventus a choisi de miser à nouveau sur lui. Mais le retour en Italie n’a pas, pour l’instant, effacé les fragilités apparues à Londres.
Randal Kolo Muani à la Juventus: un ajustement tactique encore imparfait
En Italie, le problème est désormais formulé sans détour. Les médias locaux évoquent une sorte de crise à double entrée: d’un côté, un joueur utilisé dans un registre qui ne lui convient pas totalement; de l’autre, un manque de confiance visible dans ses prises de décision. Luciano Spalletti tente de faire de lui un point d’ancrage, presque un avant-centre de fixation. Or Kolo Muani préfère partir dans la profondeur, attaquer les espaces plutôt que jouer dos au but.
Ce décalage pèse sur son expression offensive. Son activité est réelle, mais ses repères restent flous. Certaines analyses venues d’Italie vont même jusqu’à souligner des difficultés physiques et mentales, dans un dossier jugé plus complexe qu’une simple baisse de forme. Le duel avec les défenseurs adverses alimente aussi les réserves, notamment sur sa capacité à tenir les contacts sur la durée.
Spalletti garde la main sur le dossier Kolo Muani
Malgré ce climat, Luciano Spalletti ne lâche pas son attaquant. Le technicien italien, qui avait plaidé pour sa venue cet été, continue de défendre son choix. Son discours reste celui d’un entraîneur persuadé qu’un cadre plus clair peut encore faire basculer la situation. Il insiste aussi sur la structure d’autres profils offensifs, comme Nick Woltemade, arrivé lui aussi pendant l’été.
Après le nul 1-1 à domicile contre l’AC Milan, Spalletti a pourtant relevé les occasions manquées de son avant-centre. Il a admis que Kolo Muani savait conserver le ballon, prendre l’espace et utiliser sa puissance, mais a rappelé qu’à ce niveau, ces qualités doivent se transformer en buts. Le message est clair: l’attaquant a les outils, il lui manque encore le geste décisif.
Des mots mesurés, mais une pression qui monte
Face aux remarques de son entraîneur, Kolo Muani n’a pas cherché à se défendre. Il a au contraire validé l’analyse, expliquant que lorsqu’une équipe se crée autant d’occasions, elle doit aussi savoir les convertir. Le Français a reconnu avoir senti, dans cette rencontre face à Milan, que les opportunités existaient bel et bien.
Cette lucidité peut lui servir. Elle montre qu’il comprend l’exigence du contexte turinois, où la marge d’erreur se rétrécit vite. La Juventus attend plus qu’un simple volume de courses ou des intentions: elle veut un attaquant qui tranche les matchs. Pour Kolo Muani, l’urgence n’est pas encore dramatique, mais elle devient réelle. Son avenir immédiat se jouera sur sa capacité à réconcilier son style naturel avec les attentes de Spalletti.
Dans ce type de période, le mental compte presque autant que la finition. La Juventus a choisi de continuer avec lui, et son entraîneur affiche toujours sa confiance. Reste à savoir si cette patience suffira à faire renaître un attaquant que Tottenham n’a jamais totalement retenu, et que Turin espère encore relancer.


