Portugal – RD Congo: les Léopards accrochent un favori et font douter Ronaldo


Portugal – RD Congo: les Léopards accrochent un favori et font douter Ronaldo

Portugal RD Congo a tenu toutes ses promesses, mais pas dans le sens attendu par les Européens. Donné parmi les favoris avant le tournoi, le Portugal a été freiné d’entrée par une RD Congo courageuse et disciplinée, qui a arraché un nul 1-1 grâce à Yoane Wissa après l’ouverture du score rapide de Joao Neves.

Dans ce premier match de groupe joué à Houston, la sélection de Roberto Martinez avait pourtant démarré de la meilleure manière. Dès la 6e minute, Pedro Neto a déposé un centre précis sur la course de Joao Neves, auteur d’une tête parfaitement placée au second poteau. Un début idéal, et l’impression, à cet instant, que le Portugal allait imposer sa loi sans trop souffrir.

Mais la suite a raconté une tout autre histoire. Au lieu d’appuyer, les Portugais ont baissé le rythme. Leur circulation de balle est devenue stérile, presque confortable, comme si le plus dur avait déjà été fait. En face, la RD Congo n’a pas paniqué. Elle a accepté de subir par séquences, puis a commencé à pointer sur les transitions, avec un Yoane Wissa de plus en plus menaçant.

Portugal RD Congo: un match qui bascule avant la pause

Le scénario s’est retourné au pire moment pour les Lusitaniens. Alors que le Portugal contrôlait sans réellement accélérer, les Congolais ont continué à croire à leurs opportunités. Et dans le temps additionnel de la première période, Arthur Masuaku a adressé un centre haut et tendu que Wissa a repris de la tête, sans marquage, pour remettre les deux équipes à égalité.

Sur cette action, la défense portugaise a affiché une vraie passivité. Tomas Araujo, jusque-là plutôt propre dans ses interventions, a manqué de vigilance au second poteau. Diogo Costa, lui, a semblé hésitant sur sa sortie. Ce but a récompensé l’abnégation congolaise, mais il a aussi mis en lumière les largesses d’un bloc portugais trop sûr de lui.

La RD Congo ne s’est pas contentée de ce retour au score. Au fil du match, elle a gagné en assurance. Wissa a pesé, Bakambu a offert des points d’appui, et le couloir gauche animé par Masuaku a régulièrement posé des problèmes. Pour une sélection qui disputait son premier match de Coupe du monde depuis 1974, le message envoyé est fort. Sans complexe, les Léopards ont tenu tête à un adversaire bien plus attendu sur le papier.

Cristiano Ronaldo et Bernardo Silva passent à côté

Si ce nul laisse un goût amer au Portugal, c’est aussi parce que ses têtes d’affiche n’ont pas répondu présent. Cristiano Ronaldo, très discret, a traversé la rencontre avec frustration. Peu trouvé, souvent éloigné de la surface, il a tout de même eu les deux meilleures occasions portugaises en fin de match. À chaque fois, il a manqué le geste juste.

Le constat devient forcément scruté de près pour l’attaquant de 41 ans, désormais sur une série de dix matches consécutifs sans but dans un grand tournoi. Son influence symbolique reste immense, mais sur le terrain, ce premier rendez-vous n’a pas plaidé en sa faveur. Roberto Martinez, déjà observé sur sa gestion du cas Ronaldo, risque de voir la pression monter très vite.

Bernardo Silva, lui aussi, a vécu un après-midi compliqué. Aligné sur le côté droit, il n’a jamais réellement pesé et a été remplacé dès la pause. Bruno Fernandes, habituellement inspiré entre les lignes, est resté trop neutre. Seul Joao Neves a vraiment surnagé au milieu, avec un volume de jeu constant, des courses utiles et ce but qui avait lancé son équipe.

Francisco Conceicao sauve les apparences, Roberto Martinez sous pression

Le Portugal a bien cru reprendre l’avantage au retour des vestiaires, lorsque Joao Cancelo a conclu d’un geste acrobatique spectaculaire. Mais le but a logiquement été annulé pour hors-jeu. Derrière, la RD Congo a même failli frapper encore plus fort: Cedric Bakambu a pris le dessus sur Bruno Fernandes avant de trouver le poteau, dans une action qui a refroidi tout le camp portugais.

Dans ce contexte, l’entrée de Francisco Conceicao a changé le ton offensif du Portugal. Plus vif, plus direct, plus imprévisible, il a amené ce qui manquait jusque-là: de la percussion. À deux reprises, il a débordé jusqu’à la ligne de fond pour servir Ronaldo, sans réussite à la conclusion. Son apparition pourrait cependant rebattre les cartes avant le prochain match.

À l’inverse, les autres entrants n’ont pas vraiment transformé le visage collectif. Rafael Leao n’a pas suffisamment élargi le jeu, Nelson Semedo a moins apporté que Nuno Mendes dans la profondeur, et Gonçalo Ramos est entré trop tard pour peser. Le Portugal a fini par pousser, sans imagination ni efficacité. Pour préparer le prochain match, consultez notre pronostic Portugal Ouzbékistan.

Pour Roberto Martinez, ce premier accroc compte déjà. Son plan de départ a manqué de relief, et ses choix offensifs interrogent après une prestation aussi terne. Le prochain rendez-vous face à l’Ouzbékistan prend donc une importance immédiate. En Coupe du monde, le statut ne protège de rien, comme le rappelle encore une fois la FIFA.

La RD Congo réussit son retour sur la scène mondiale

Du côté congolais, ce point a une vraie valeur. Il ne s’agit pas seulement d’un bon résultat comptable, mais d’un match fondateur dans la manière. Menée très tôt, la RD Congo n’a jamais quitté son plan. Elle a absorbé les temps faibles, résisté dans les duels et profité des espaces laissés par un adversaire trop peu tranchant.

Wissa symbolise cette performance: disponible, mobile et clinique au moment décisif. Masuaku a également pesé avec son activité et la qualité de son centre sur l’égalisation. Plus globalement, les Léopards ont dégagé une impression de cohérence et de maturité qui comptera pour la suite de la phase de groupes.

Le Portugal, lui, repart avec des doutes et un sentiment d’occasion manquée. La RD Congo, en revanche, quitte Houston avec bien plus qu’un point: une certitude nouvelle, celle de pouvoir regarder plus haut sans baisser les yeux. Pour parier sur les prochains matchs, découvrez notre sélection de bookmakers fiables en RDC.

À lire aussi : Colombie – RD Congo : les compositions probables avant un rendez-vous déjà décisif.

Aminata Kouyaté
auteur

Aminata Kouyaté

Aminata Kouyaté — Analyste paris & journaliste sportive Aminata Kouyaté a grandi à Bouaké. Après une formation en journalisme à l'ISTC d'Abidjan, elle commence sa carrière dans la presse radio locale en 2003, couvrant les matchs de ligue nationale ivoirienne…

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