Portugal – Croatie: Martinez protège Ronaldo avant un duel de légendes avec Modric
Portugal Croatie s’annonce comme l’un des chocs les plus symboliques de ces seizièmes de finale du Mondial 2026. À Toronto, vendredi, Roberto Martinez a choisi de déplacer le débat: plutôt que d’entrer dans la discussion sur un possible remplacement de Cristiano Ronaldo, le sélectionneur portugais a insisté sur l’essentiel à ses yeux, à savoir le poids sportif et humain de son capitaine, ainsi que celui de Luka Modric côté croate.
À 41 ans, Ronaldo reste le plus vieux joueur de champ présent dans ce tournoi. Et il n’est pas là pour faire de la figuration. L’attaquant portugais a marqué deux fois face à l’Ouzbékistan lors de la phase de groupes, mettant fin à une série de cinq matches sans but en Coupe du monde qui alimentait les critiques depuis le début de la compétition.
En face, Modric continue lui aussi de défier le temps. À 40 ans et 291 jours, le maître à jouer croate est devenu le joueur le plus âgé à délivrer une passe décisive en Coupe du monde, lors du succès 2-1 contre le Ghana, un résultat qui a permis à la Croatie de terminer deuxième du groupe L.
Portugal Croatie: Martinez refuse de réduire le débat à l’âge de Ronaldo
Interrogé d’entrée sur l’idée de voir Gonçalo Ramos débuter à la place de Ronaldo, Roberto Martinez n’a pas voulu s’engager sur ce terrain. Le technicien espagnol a préféré rappeler que l’âge, dans le cas de joueurs comme Ronaldo ou Modric, ne dit pas grand-chose sans regarder leur influence réelle sur une sélection.
Dans son discours, le sélectionneur portugais a surtout mis en avant l’exemple donné au vestiaire. Pour lui, ces joueurs ne se résument pas à leurs statistiques ou à leur date de naissance. Ils comptent aussi par leur longévité, leur exigence quotidienne et la manière dont ils tirent un groupe vers le haut.
Martinez a même élargi son propos à Modric, qu’il considère sur le même plan symbolique que Ronaldo. Les deux hommes, a-t-il expliqué en substance, ont dépassé le stade de l’opinion immédiate. Leur constance au plus haut niveau les a transformés en figures à part dans l’histoire du football.
Cette sortie n’a rien d’anodin. Depuis le début du tournoi, le cas Ronaldo est scruté de près. Chaque match relance la question de son rendement, de son statut et de sa place dans le onze. Martinez, lui, s’applique à protéger son capitaine, tout en renvoyant l’image d’un Portugal qui ne dépend pas d’un seul joueur.
Ronaldo et Modric, une histoire commune devenue décor parfait du Portugal Croatie
Ce face-à-face a aussi une résonance particulière parce qu’il réunit deux anciens piliers du Real Madrid. Ronaldo n’a partagé le terrain avec aucun milieu plus souvent que Luka Modric. Entre 2009 et 2018, les deux hommes ont joué 222 matches ensemble sous le maillot madrilène.
Leur parcours en club a largement nourri leur légende. Modric a remporté six Ligues des champions avec le Real, tandis que Ronaldo s’y est imposé comme le meilleur buteur de l’histoire du club. Pendant leurs années communes, la Maison Blanche a été sacrée championne d’Europe à quatre reprises.
Leur rivalité n’efface donc pas un immense héritage partagé. Elle rappelle plutôt ce que ces deux joueurs ont représenté pour une génération entière. En 2018, Modric avait d’ailleurs brisé le duopole Cristiano Ronaldo – Lionel Messi en devenant le seul Ballon d’Or sacré entre 2008 et 2023 en dehors de ces deux géants.
En sélection aussi, les chiffres donnent le vertige. Ronaldo est le meilleur buteur de l’histoire du Portugal avec 143 réalisations. Il possède également 231 sélections, soit le total le plus élevé du football international masculin. Modric, lui, en compte 201, un cap franchi par très peu de joueurs dans l’histoire.
Le Portugal arrive lancé, avec un groupe que Martinez juge prêt
Si Roberto Martinez a refusé de personnaliser excessivement le débat autour de Ronaldo, il n’a pas caché sa confiance dans son effectif. Le Portugal a terminé deuxième du groupe K avec un nul contre la RDC (1-1), un autre contre la Colombie (0-0) et une large victoire 5-0 contre l’Ouzbékistan.
Ce parcours n’a pas tout écrasé sur son passage, mais il a permis à la Seleção d’accumuler des repères. Martinez estime que ses joueurs abordent désormais la phase à élimination directe avec l’énergie nécessaire, après trois rencontres qu’il juge formatrices en termes d’attitude, d’engagement et de travail collectif.
Le retour attendu de Bernardo Silva va dans le même sens. Le sélectionneur a expliqué qu’il n’avait pas voulu prendre de risque contre la Colombie, une suspension pouvant alors entrer en jeu en cas d’avertissement. Le joueur, désormais annoncé au Real Madrid après son départ de Manchester City en fin de saison, doit donc revenir au bon moment pour le Portugal.
Cette gestion dit aussi quelque chose de l’approche de Martinez. Le Portugal veut avancer avec un groupe complet, concerné et disponible. L’idée n’est pas simplement de survivre dans le tournoi, mais d’entrer dans les matches couperets avec toutes les armes possibles. Pour suivre l’actualité officielle de la compétition, les supporters peuvent aussi consulter le site de la FIFA.
Portugal Croatie: la Croatie se méfie d’une équipe “complète”
En face, la Croatie n’avance pas sans cicatrices. Les Vatreni ont battu le Panama 1-0, dominé le Ghana 2-1, mais ils ont aussi chuté 4-2 contre l’Angleterre. Leur parcours a donc confirmé une équipe capable de répondre dans l’adversité, sans toujours dégager une maîtrise totale.
Zlatko Dalic, lui, ne minimise pas la montagne portugaise. Le sélectionneur croate voit dans le Portugal une équipe très forte techniquement, attachée à la possession et capable d’user son adversaire à force de circulation. À ses yeux, la grande qualité portugaise réside dans sa capacité à conserver le ballon sans perdre en dangerosité.
Le technicien croate a également insisté sur la profondeur d’effectif de la Seleção. Il décrit une formation compacte, équilibrée, sans véritable point faible apparent. Et dans un tel ensemble, la présence de Ronaldo reste, selon lui, un facteur décisif: un joueur capable de régler un match à tout instant.
Cette lecture croate éclaire bien l’enjeu du rendez-vous de Toronto. D’un côté, le Portugal veut imposer sa technique et son contrôle. De l’autre, la Croatie s’appuie sur son expérience, sa résilience et l’intelligence de Modric. Au milieu de tout cela, deux monuments du football mondial prolongent encore l’histoire. Et à ce stade du tournoi, ce n’est plus seulement une question d’âge: c’est une question d’impact.



