Plus de quatre-vingts dossiers de candidature sur le bureau du comité technique de la SAFA, et parmi eux, celui d’un nom qui domine le football africain depuis une décennie : Pitso Mosimane. La Fédération sud-africaine de football a officiellement confirmé que l’entraîneur le plus titré du continent sur ces dernières années a postulé pour prendre en charge Bafana Bafana, après l’annonce du départ à la retraite de Hugo Broos, qui a guidé l’équipe nationale jusqu’à la fin de son parcours dans la course à la Coupe du monde 2026.
Un poste libéré au bon moment, une succession délicate à assurer
Le départ de Hugo Broos referme un chapitre important pour le football sud-africain. Depuis son arrivée en 2021, le technicien belge a profondément transformé Bafana Bafana, restaurant une crédibilité internationale à une sélection longtemps sous-estimée sur le continent. Quiconque lui succédera hérite donc d’un héritage solide, mais aussi d’une pression renouvelée : maintenir cette dynamique dans un calendrier compétitif immédiat.
Le président du comité technique de la SAFA, Jack Maluleke, a confirmé la candidature de Mosimane depuis Monterrey, au Mexique, où se tenait la phase finale de la Coupe du monde. Sa déclaration ne laisse aucun doute sur l’ampleur de l’intérêt suscité par le poste : “Je peux confirmer que parmi les nombreux grands noms qui ont postulé pour le poste de Bafana Bafana figure en effet Pitso Mosimane. J’ai son CV avec moi.” Il a précisé que le processus de sélection, comprenant des entretiens pour tous les candidats sans exception, sera finalisé au retour de la délégation en Afrique du Sud.
L’urgence du calendrier pèse sur la décision. Les qualifications pour la Coupe d’Afrique des Nations 2027 sont attendues aux alentours de septembre, ce qui laisse peu de temps à un nouveau sélectionneur pour s’installer, analyser son effectif et construire une identité de jeu cohérente. Maluleke a été explicite sur ce point : la fédération recherche quelqu’un capable d’entrer en fonction sans délai.
Mosimane et Bafana Bafana : une histoire inachevée
La relation entre Pitso Mosimane et la sélection nationale n’est pas une page blanche. Entre 2010 et 2012, il a dirigé Bafana Bafana à dix-sept reprises, après avoir été assistant lors de la Coupe du monde organisée en Afrique du Sud. Son bilan – six victoires, huit nuls, trois défaites – reflétait les difficultés structurelles de l’époque plus qu’un échec personnel. Son départ, décidé par la SAFA en 2012, a longtemps alimenté une frustration dans les milieux du football sud-africain.
Ce qui a changé depuis, c’est considérable. Mosimane a construit une carrière continentale exceptionnelle, remportant des titres en Afrique du Sud avec Mamelodi Sundowns, puis en Égypte avec Al Ahly, où il a décroché à deux reprises la Ligue des champions de la CAF. Son passage au Proche-Orient et ses expériences ultérieures ont enrichi son profil d’une dimension internationale que peu d’entraîneurs africains peuvent revendiquer. Il est aujourd’hui l’un des rares techniciens du continent à avoir prouvé sa capacité à gagner dans des environnements de haute pression, avec des attentes institutionnelles très élevées.
Un processus ouvert, une décision qui dépasse le seul nom de Mosimane
La SAFA insiste sur la rigueur du processus. Même une candidature aussi médiatisée que celle de Mosimane ne court-circuitera pas les entretiens. Cette posture traduit une volonté institutionnelle de ne pas céder à l’effet de notoriété, dans un pays où les choix en matière de football national ont souvent été perçus comme insuffisamment transparents.
La question de fond reste entière : quel profil correspond le mieux aux besoins actuels de Bafana Bafana ? Un technicien rompu aux exigences des clubs africains d’élite, comme Mosimane ? Ou un profil différent, peut-être moins exposé médiatiquement mais plus adapté aux contraintes spécifiques d’une sélection nationale, avec ses cycles courts, ses rassemblements épisodiques et la gestion d’un vestiaire représentant une nation entière ? Ces questions, la SAFA devra y répondre avec méthode, dans un délai que le calendrier ne laissera pas s’étirer indéfiniment.



