L’OM a réellement envisagé de renoncer à l’Europe cet été
L’OM a frôlé une décision radicale: abandonner sa place en Ligue Europa pour cette saison. Après un été marqué par les doutes, la direction marseillaise a sérieusement étudié cette option avant de finalement choisir de jouer la compétition. Le club n’a pas voulu tourner le dos à ses supporters, ni envoyer un signal trop brutal au moment de repartir de zéro.
Cette réflexion n’est pas sortie de nulle part. Marseille traverse une année 2026 chaotique, avec une succession d’épisodes difficiles qui ont fragilisé tout le projet sportif. Entre la qualification manquée pour la Ligue des champions, les changements d’entraîneur, la refonte de l’organigramme et un mercato estival jugé très décevant, le club a traversé une série de secousses rarement vues à ce niveau.
Une saison déjà plombée par les échecs
La dynamique sportive n’aide évidemment pas à apaiser le climat. Malgré une victoire inaugurale contre Strasbourg, les Marseillais restent sur trois défaites de rang en Ligue 1. Dans ce contexte, le déplacement en Turquie pour affronter Besiktas, ce jeudi, prend déjà des allures de test délicat.
Ce rendez-vous européen aurait pourtant pu ne jamais figurer au calendrier. Le simple fait que la question d’un retrait ait existé en dit long sur l’état d’esprit qui règne autour du club. À Marseille, la saison ne se joue pas seulement sur le terrain: elle se lit aussi à travers les choix de direction, les équilibres financiers et la confiance fragile entre le club et son public.
OM et Ligue Europa: un choix discuté en interne
Dans les coulisses, l’idée d’un renoncement a circulé avec une certaine insistance. Un exécutif proche de l’UEFA a même estimé que, compte tenu de la situation économique du club et du recul du projet, l’OM aurait peut-être eu intérêt à faire l’impasse sur cette campagne européenne. Le message est clair: dans un contexte de moyens réduits et d’actionnaire moins enclin à injecter de l’argent, la Coupe d’Europe pouvait apparaître comme une charge plus que comme une opportunité.
Pour autant, les dirigeants marseillais ont refusé d’endosser ce scénario. Ils ont choisi de rester en Ligue Europa, en grande partie pour éviter un choc d’image auprès des supporters. Dans un club comme l’OM, renoncer à l’Europe aurait été perçu comme un aveu de renoncement avant même le début des hostilités.
Le poids de l’image a compté dans le dossier OM
Un ancien cadre du club résume bien la logique suivie par la nouvelle direction: elle n’a pas voulu porter seule une décision aussi sensible, surtout face à un public qui attend toujours de son équipe qu’elle défende ses chances sur la scène continentale. Le choix de poursuivre en Coupe d’Europe relevait donc aussi de la communication et de la relation avec les tribunes.
Bruno Genesio, qui devait rejoindre le projet, aurait lui aussi pu être impacté par une telle décision. Le fait d’arriver dans un environnement déjà amputé d’une compétition européenne n’aurait pas facilité sa prise de fonction. L’argument sportif s’est donc mêlé à une question d’image, dans un dossier où chaque option comportait ses risques.
Le paradoxe est aujourd’hui évident. Marseille a conservé sa place en Ligue Europa, mais l’équipe n’a ni stabilité sportive ni marge de manœuvre évidente. Les supporters, eux, peuvent difficilement se satisfaire d’une participation européenne si le projet reste aussi bancal dans le même temps. Le club a voulu éviter la frustration; il ne l’a pas vraiment évitée.
La Conference League, seule vraie ligne rouge envisagée
Selon les éléments rapportés, le renoncement à la Coupe d’Europe a bien existé comme hypothèse, mais uniquement dans un cas précis: si Marseille avait dû se contenter de la CAF ou, dans le cadre évoqué ici, de la Conference League. Autrement dit, la direction aurait davantage accepté l’idée de fermer la porte à une compétition jugée moins prestigieuse que la Ligue Europa.
Cette nuance est révélatrice. Elle montre que le club a tenté de hiérarchiser ses options en fonction du contexte sportif, financier et symbolique. Mais elle souligne aussi l’ampleur des incertitudes qui entourent l’OM. Entre ambition affichée et réalité du terrain, l’écart demeure important, et le voyage à Besiktas s’inscrit déjà dans cette tension permanente.


