Liverpool confie les clés du recrutement à Julian Ward
Julian Ward prend les commandes du Liverpool sports director. À 45 ans, l’Anglais succède à Richard Hughes et retrouve un poste qu’il connaît déjà très bien à Anfield. Pour le club, ce choix marque surtout la volonté de retrouver de la stabilité après plusieurs mois de transition en interne.
Ward n’arrive pas en terrain inconnu. Il a déjà occupé cette fonction lors de la saison 2022-2023, avant de quitter le club à l’issue d’un premier passage au plus haut niveau de l’organigramme sportif. Cette fois, son retour s’inscrit dans un contexte différent: Liverpool veut consolider sa structure et éviter de repartir dans une phase de reconstruction à chaque changement de cadre.
Un retour à Liverpool après plusieurs années de montée en puissance
Le parcours de Ward à Liverpool raconte une ascension méthodique. Recruté en 2012 comme responsable du scouting européen pour l’Espagne et le Portugal, il a progressivement gravi les échelons. En 2020, il a été promu directeur sportif adjoint, avant de succéder à Michael Edwards deux ans plus tard.
Son premier passage comme directeur sportif n’aura donc pas été le fruit du hasard. Le club lui avait confié un rôle central dans la stratégie de recrutement, dans la continuité du travail de fond engagé depuis plusieurs saisons. Quand son départ a été confirmé en novembre 2022, beaucoup y ont vu la fin d’un cycle, plus que la remise en cause de ses compétences.
Il est ensuite revenu en 2024 comme directeur technique de Fenway Sports Group, la structure propriétaire de Liverpool. Depuis, il supervisait notamment les parcours de développement des jeunes et l’académie. Ce retour par une autre porte a entretenu son influence au sein de l’organisation.
Pourquoi Julian Ward a été préféré aux autres profils
Le club a étudié des candidatures extérieures, mais Ward s’est rapidement imposé comme le choix le plus solide. En interne, son profil rassure. Un proche du dossier le décrivait comme calme, posé et doté d’une vision claire. Des qualités précieuses dans un poste où la pression, la négociation et la cohérence à long terme comptent autant que la vitesse d’exécution.
Mike Gordon, président de FSG, a insisté sur son expérience et sur sa connaissance précise de Liverpool. Il estime que Ward dispose du profil idéal pour piloter les opérations football du club à ce moment précis. Le dirigeant américain a aussi souligné l’apport de son expertise pour soutenir l’encadrement sportif, alors que la direction veut préserver un cadre de travail plus lisible.
Cette nomination apporte surtout une forme de continuité. Après une période de transition, Liverpool mise sur un homme qui connaît déjà les rouages internes, les attentes du club et les méthodes de travail de l’environnement anfieldien. Dans une structure aussi exposée, cette familiarité peut peser lourd.
Le nouveau directeur sportif de Liverpool face à plusieurs dossiers urgents
Le chantier qui attend Ward est vaste. Il devra notamment sécuriser l’avenir de Rio Ngumoha, désormais âgé de 18 ans, sur un contrat longue durée. Le dossier est sensible, car Liverpool souhaite verrouiller ses jeunes éléments les plus prometteurs sans perdre de temps.
Il devra aussi trancher sur les cas d’Alisson et de Virgil van Dijk. Les deux joueurs approchent de l’échéance de leurs engagements actuels, et la question d’une prolongation se pose déjà. À ce niveau-là, le timing est essentiel: attendre trop longtemps peut fragiliser la position du club, surtout avec des cadres aussi importants dans le vestiaire.
Ward connaît ce type de négociation. Sous Jürgen Klopp, il avait participé à plusieurs dossiers majeurs, dont les arrivées de Luis Diaz, Cody Gakpo, Alexis Mac Allister et Darwin Nunez. Son réseau international et son expérience des échanges avec les agents constituent des atouts reconnus en interne.
Une relation de confiance avec le sommet du club
Un autre élément joue en sa faveur: sa relation avec Mike Gordon. Le président de FSG supervise le fonctionnement quotidien du club, et cette proximité facilite les échanges. Dans une maison comme Liverpool, où les décisions sportives doivent s’imbriquer avec la stratégie globale, cette entente peut faire gagner du temps.
Ward avait déjà laissé son empreinte lors de la prolongation de Mohamed Salah en 2022. Il avait même fait le déplacement pendant les vacances de l’attaquant pour finaliser l’accord. Sa relation avec Jorge Mendes avait aussi pesé dans le dossier Diogo Jota. Ces épisodes ont renforcé son image de négociateur efficace, capable d’avancer vite quand une opportunité se présente.
Sa nouvelle marge de manœuvre pourrait être plus large qu’auparavant. Avec la manière dont le rôle d’entraîneur a été structuré autour d’Arne Slot, puis de son successeur Andoni Iraola, le directeur sportif dispose d’un espace de décision plus clair. Reste à voir comment cette architecture fonctionnera sur la durée. Pour l’instant, Liverpool parie sur une option prudente, cohérente et solidement ancrée dans son propre fonctionnement.


