En moins d’une semaine, le ministre des sports congolais Hugues Ngouélondélé a remis en mouvement un football national à l’arrêt : réouverture conditionnelle des complexes sportifs, nomination d’un sélectionneur expérimenté, cérémonie de signature officielle programmée – tout cela à quelques mois des éliminatoires de la CAN Pamoja 2027. La concertation du vendredi 5 juin 2026 avec les dirigeants de la Fécofoot, tenue au cabinet ministériel de Brazzaville, a produit des effets immédiats et concrets. L’échéance est connue : les deux premières journées qualificatives se joueront entre le 21 septembre et le 6 octobre prochains.
Claude Le Roy, un choix qui porte une mémoire
La nomination de Claude Le Roy, 78 ans, au poste de sélectionneur des Diables-Rouges A, n’est pas celle d’un inconnu. Le technicien français connaît cette équipe pour l’avoir déjà dirigée, ce qui représente, dans un contexte de reconstruction, un avantage non négligeable : pas de temps perdu à découvrir l’identité du groupe, les habitudes de jeu du championnat local, ou les sensibilités d’un vestiaire congolais. Le Roy apporte avec lui une carrière africaine dense – il a entraîné plusieurs sélections du continent au cours des quatre dernières décennies, accumulant une connaissance du football africain que peu de techniciens européens peuvent revendiquer.
Il succède à Isaac Ngata, dont le passage à la tête des Diables-Rouges, de novembre 2023 à 2025, n’aura pas laissé de traces marquantes. Ngata lui-même avait pris la suite du Belge Paul Put. Cette succession rapide de sélectionneurs traduit une instabilité technique chronique qui a pesé sur les résultats et sur la confiance du public envers son équipe nationale. La signature du contrat, prévue le 22 juin sous le patronage du ministre, associe Le Roy à un autre encadrant, Omar Daf, et sera formalisée en présence d’Henri Endzanga pour la Fécofoot. Le directeur de cabinet du ministre, Charles Makaya dit Mackaill, a précisé dans son communiqué du 9 juin que cette nomination «marque l’ouverture d’un chapitre porteur d’espérance» et s’inscrit dans une «vision ambitieuse axée sur la reconstruction d’une sélection compétitive».
Des stades rouverts, mais sous conditions strictes
Parallèlement à la question sportive, le ministre a signé le 6 juin une note officielle intitulée Autorisation, permettant à la Fécofoot d’occuper les complexes sportifs répartis sur l’ensemble du territoire national pour l’organisation des compétitions de la saison 2025-2026. Cette réouverture – dont l’absence pesait sur le calendrier du championnat national – est assortie de quatre conditions dont le non-respect entraîne l’annulation pure et simple de l’autorisation, sans contrepartie d’aucune sorte. Parmi ces exigences figure notamment la souscription d’une police d’assurance couvrant les risques liés à l’organisation des compétitions.
Cette conditionnalité n’est pas anodine. Elle signale une volonté de l’État de reprendre la main sur les conditions d’exploitation des infrastructures publiques par une fédération sportive, tout en responsabilisant cette dernière sur des aspects gestionnaires et sécuritaires souvent négligés. Pour les clubs, l’attente est désormais du côté de la Fécofoot : c’est à elle de communiquer sur les modalités concrètes de reprise du championnat, en intégrant les contraintes imposées par le ministère. Pour suivre l’évolution du championnat et anticiper les résultats, consultez notre pronostic TP Mazembe AS Simba.
Un calendrier serré, une pression structurelle
Le contexte sportif immédiat impose une cadence. Les éliminatoires de la CAN Pamoja 2027 – compétition dont l’appellation évoque le concept swahili d’unité – débutent à l’automne, avec deux journées entre fin septembre et début octobre. Pour une sélection qui repart de zéro sur le plan technique, le délai est court. Claude Le Roy disposera de moins de quatre mois pour prendre en main le groupe, l’évaluer, construire une ossature et préparer les matchs qualificatifs.
La CAN 2027, co-organisée par le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie – d’où le nom Pamoja – sera la trente-sixième édition de la compétition. Le format des éliminatoires, qui met aux prises l’ensemble des fédérations membres de la CAF, est exigeant : chaque point concédé dans ces premières journées peut s’avérer difficile à rattraper. La Fécofoot et le ministère des sports semblent en avoir conscience : le calendrier des décisions prises ces derniers jours suggère une volonté de ne pas arriver en retard sur une échéance que le football congolais ne peut se permettre de manquer. Pour parier sur le football africain en toute sécurité, découvrez notre sélection des meilleurs bookmakers en RDC.
Pour en savoir plus sur le retour de Claude Le Roy et ses ambitions avec le Congo, lisez aussi : Claude Le Roy reprend les rênes du Congo à 78 ans pour viser la CAN 2027.

