Le Paraguay renverse l’Allemagne et relance son récit mondial


Le Paraguay a signé l’un des grands chocs de cette Coupe du monde en éliminant l’Allemagne, quadruple championne, au terme d’un huitième de finale étouffant conclu aux tirs au but. Pour une sélection de retour sur la scène mondiale pour la première fois depuis 2010, l’exploit dépasse le simple résultat : il réinstalle l’Albirroja parmi les équipes capables de peser par leur discipline, leur résistance et leur sens des moments décisifs.

Le parcours n’avait pourtant rien d’un long fleuve tranquille. Battus 4-1 par les États-Unis lors de la première journée, les Paraguayens ont ensuite rebâti leur tournoi sur une victoire 1-0 contre la Turquie, puis sur un nul sans but face à l’Australie, avant de faire tomber l’Allemagne malgré une possession très faible. Leur aventure s’est arrêtée contre la France, dans un match qui a ravivé les critiques sur leur style. Pour suivre l’évolution des prochains matchs, consultez notre pronostic Gremio Mirassol.

Une qualification construite sur la maîtrise des marges

Ce Paraguay-là n’a pas dominé ses adversaires par le ballon. Il les a usés par l’organisation. Dans les grandes compétitions, ce type de trajectoire n’a rien d’anecdotique : les équipes qui avancent sans contrôler le rythme cherchent souvent autre chose, la réduction des espaces, la densité défensive, l’acceptation d’un match haché et l’exploitation maximale des phases arrêtées ou des transitions. Face à l’Allemagne, cette logique a tenu jusqu’au bout.

Le format à élimination directe accentue cette vérité ancienne du football de sélection : sur un match, la hiérarchie peut se fissurer si le favori ne transforme pas sa domination territoriale en occasions nettes. Les prolongations puis la séance de tirs au but déplacent encore le rapport de force. La profondeur d’effectif, si importante sur une saison de club, compte alors moins que la concentration, la gestion nerveuse et la clarté des rôles. Pour parier sur ce type de rencontres, découvrez les meilleurs bookmakers disponibles en RDC.

Le retour d’une tradition paraguayenne

Le quart de finale atteint en Afrique du Sud reste un repère central dans l’histoire récente du Paraguay. Cette équipe s’était distinguée par une identité compétitive très marquée, fondée sur la rigueur sans ballon et une forte solidarité. Seize ans plus tard, retrouver cette empreinte n’a rien de folklorique : dans un football international où le temps de travail collectif est limité, les sélections qui s’appuient sur des principes simples et solides disposent souvent d’un avantage structurel.

Sous Gustavo Alfaro, cette cohérence a de nouveau servi de socle. Elle ne rend pas l’équipe spectaculaire, mais elle la rend lisible pour ses joueurs et inconfortable pour ses adversaires. C’est souvent la différence entre une sélection qui subit et une autre qui accepte de défendre bas sans se désunir.

Le débat sur le style, entre efficacité et légitimité

La défaite contre la France a rouvert un débat classique : jusqu’où l’efficacité suffit-elle à protéger une approche jugée trop prudente ? Dans le football contemporain, la possession reste souvent confondue avec la maîtrise, alors que les deux ne se recoupent pas toujours. Une équipe peut choisir de céder le ballon pour mieux fermer l’axe, ralentir le jeu adverse et déplacer la pression psychologique.

Le reproche esthétique n’est pas nouveau, et il touche régulièrement les sélections outsiders qui avancent sans séduire. Mais une Coupe du monde n’est pas un concours de style. C’est un environnement de survie, où les écarts se font sur la structure défensive, l’endurance mentale et la capacité à rester fidèle à son plan dans les moments de stress extrême. Le Paraguay l’a rappelé avec force, même si cette recette montre aussi ses limites quand il faut courir après le score ou proposer davantage avec le ballon. À ce sujet, lisez aussi comment Fribourg veut renverser Genk, porté par une opposition de styles.

Un signal pour la suite du football paraguayen

Au-delà de ce tournoi, ce parcours offre au Paraguay un point d’appui politique et sportif. Une performance de cette nature renforce la crédibilité d’un projet de sélection, nourrit l’adhésion populaire et rappelle qu’un pays n’a pas besoin d’une abondance de stars pour exister au plus haut niveau. Il lui faut une idée, une hiérarchie claire et une capacité à transformer chaque match en épreuve inconfortable.

L’élimination face à la France n’efface donc pas l’essentiel. En revenant au Mondial et en sortant l’Allemagne, le Paraguay a retrouvé une place et une voix. Reste désormais à convertir ce coup d’éclat en continuité, défi bien plus difficile que l’exploit d’un soir.

Aminata Kouyaté
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Aminata Kouyaté

Aminata Kouyaté — Analyste paris & journaliste sportive Aminata Kouyaté a grandi à Bouaké. Après une formation en journalisme à l'ISTC d'Abidjan, elle commence sa carrière dans la presse radio locale en 2003, couvrant les matchs de ligue nationale ivoirienne…

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