Le Barça féminin repart au combat avec une jeunesse déjà au pouvoir


Le Barça féminin repart au combat avec une jeunesse déjà au pouvoir

Le Barça féminin entre encore une fois en Ligue des champions féminine avec une question centrale: jusqu’où CAF pardon non — jusqu’où le talent de La Masia peut-il porter les Catalanes après un été de départs majeurs? Le club a perdu plusieurs cadres, mais il a déjà prouvé la saison dernière qu’il savait transformer la fragilité apparente en force collective. Cette fois, le défi semble encore plus grand.

Alexia Putellas, Mapi León, Ona Batlle et Salma Paralluelo ont quitté Barcelone durant l’intersaison. À première vue, l’opération ressemble à un vrai coup d’arrêt. En réalité, le club n’a pas seulement perdu des noms prestigieux: il a aussi vu son équilibre changer, au moment même où la défense du titre européen s’ouvre mercredi face au Paris FC.

La réponse barcelonaise ne passe pas par le découragement. Elle repose sur une idée simple, déjà validée l’an passé: le Barça peut rester une puissance continentale s’il continue à faire confiance à sa filière maison, tout en s’appuyant sur quelques recrues capables d’apporter un impact immédiat.

Un effectif encore touché, mais loin d’être démuni

Le contexte de ce début de saison ne facilite rien. Aitana Bonmatí, triple Ballon d’Or, fait partie des joueuses annoncées absentes sur les premières semaines. Elle pourrait manquer l’entame de la campagne européenne. À cela s’ajoutent d’autres pépins physiques qui réduisent encore des marges déjà limitées.

Le match contre l’Atlético de Madrid, disputé le week-end dernier, a offert un aperçu très concret de cette situation. Bonmatí, Van Asten, Irene Paredes et Clara Serrajordi manquaient à l’appel. Laia Aleixandri poursuit, elle, sa récupération après une rupture du ligament croisé survenue en février. Avec Aïcha Camara et Carla Julia retenues par l’Espagne pour la Coupe du monde U20 féminine, le banc était presque vide.

Dans ces circonstances, des choix inhabituels ont été nécessaires. Patri Guijarro a glissé en défense centrale. Sydney Schertenleib a dépanné au poste de latérale droite. Le tableau aurait pu inquiéter davantage encore. Pourtant, Barcelone a dominé l’Atlético et s’est imposé 4-2, confirmant que le niveau technique global reste très élevé.

Le Barça féminin et La Masia, un lien devenu vital

Si le Barça tient, c’est aussi parce qu’il conserve une base de joueuses capables de faire la différence à elle seule. Guijarro, Esmee Brugts, Caroline Graham Hansen, Cata Coll, Ewa Pajor et Claudia Pina figurent toutes parmi les nommées au Ballon d’Or 2026. Même avec des départs lourds, le noyau dur demeure impressionnant.

À leurs côtés, plusieurs profils montent en puissance. Kerolin, arrivée de Manchester City avec un transfert payé au prix fort, a déjà montré son pouvoir de déséquilibre en Angleterre. Schertenleib, Vicky López et Kika Nazareth incarnent, elles, la nouvelle vague offensive. Trois talents différents, mais une même promesse: prendre davantage de place dans les grands rendez-vous.

C’est précisément là que La Masia devient indispensable. L’académie barcelonaise, souvent citée parmi les meilleures du football féminin, fournit à la fois de la profondeur et de l’audace. Quand les absentes s’accumulent, les jeunes n’entrent pas seulement pour compléter l’effectif. Elles entrent pour jouer, et parfois pour rester.

La relève du Barça féminin prend déjà ses marques

Clara Serrajordi a été le symbole le plus éclatant de cette évolution. Encore âgée de 17 ans au début de la saison dernière, elle a gagné sa place pas à pas. D’abord intégrée en fin de campagne 2024-2025, elle a profité de ses minutes en Liga F pour monter en puissance, jusqu’à devenir une option crédible en Ligue des champions. En mai, elle a même débuté la finale remportée 4-0 contre Lyon.

Le mouvement ne s’arrête pas là. Camara et Carla Julia ont eux aussi accumulé du temps de jeu en championnat avant de rejoindre l’équipe d’Espagne U20. D’autres noms poussent derrière. Lua Arufe, 18 ans, a déjà débuté la saison en tant que titulaire lors de la première journée contre Tenerife.

Dans le groupe élargi, il faut aussi suivre Julia Torres, défenseure centrale arrivée cet été de Séville, Noa Jimenez, autre profil défensif prometteur, et Rosalia Dominguez, attaquante de 17 ans qui suscite beaucoup d’attentes en Catalogne. Enfin, Liv Pennock et Giulia Galli, recrutées respectivement à Twente et à la Roma, ont rejoint le club avec un CV déjà solide chez les jeunes et devraient d’abord évoluer avec la réserve avant de viser plus haut.

Un nouveau cycle, mais les mêmes ambitions au Barça féminin

Le départ d’Alexia Putellas a forcément laissé un vide dans le vestiaire. Pour endosser davantage ce rôle de repère, Guijarro a été désignée capitaine. Là encore, le message interne ne varie pas: le visage du groupe change, pas l’ambition.

Kika l’a exprimé avec force cet été, en regrettant l’idée selon laquelle le Barça ne serait plus le Barça après ces mouvements. Son propos résume bien l’état d’esprit du vestiaire: les joueuses présentes ont, selon elle, la capacité d’écrire la suite à leur manière. Guijarro a tenu un discours comparable en août, au moment de s’adresser pour la première fois au public du Johan Cruyff dans son rôle de capitaine. Elle a rappelé que l’équipe travaille pour viser tous les trophées.

Le souvenir de la saison dernière pèse forcément dans les esprits. Donné pour affaibli, le Barça avait traversé les doutes avant de tout gagner ou presque. Liga F, Coupe de la Reine, Supercoupe d’Espagne et Ligue des champions ont fini dans la vitrine catalane. Une seule défaite en toutes compétitions. Le genre de réponse qui change la perception d’un groupe.

Alors, faut-il revoir le scénario cette saison? Le doute est permis, d’autant que les départs sont encore plus lourds et que les blessures compliquent le démarrage. Mais le Barça féminin a déjà démontré qu’il savait survivre aux troupes réduites, aux critiques et aux pronostics prudents. Et tant que La Masia continue de produire des joueuses prêtes à entrer dans le grand bain, il serait risqué d’enterrer trop vite les ambitions barcelonaises.

Aminata Kouyaté
auteur

Aminata Kouyaté

Aminata Kouyaté — Analyste paris & journaliste sportive Aminata Kouyaté a grandi à Bouaké. Après une formation en journalisme à l'ISTC d'Abidjan, elle commence sa carrière dans la presse radio locale en 2003, couvrant les matchs de ligue nationale ivoirienne…

    vous aimerez aussi