La FIFA applique un protocole linguistique strict, le débat autour de Vinicius et Hakimi révèle ses limites


Ce n’est pas l’espagnol qui était interdit lors des conférences de presse officielles de la rencontre entre le Brésil et le Maroc à la Coupe du monde – c’est simplement que cette langue ne figurait pas dans le dispositif de traduction préparé pour ce match. Une distinction apparemment technique qui a pourtant alimenté une controverse vive parmi les journalistes et les supporteurs, révélant la méconnaissance répandue du cadre opérationnel que la FIFA impose depuis plusieurs éditions du tournoi.

Un protocole qui remonte au Qatar, non une interdiction politique

Depuis la Coupe du monde 2022, la FIFA a rationalisé son système d’interprétation simultanée en le construisant partida par partida, c’est-à-dire match par match. Pour chaque rencontre, les langues officielles retenues dans le dispositif sont déterminées par un ensemble de critères précis : la langue officielle de chacune des deux sélections, la langue maternelle des entraîneurs en présence, et l’anglais, langue institutionnelle de la fédération.

Pour le duel Brésil-Maroc, la structure comprenait donc le portugais, l’arabe, le français, l’anglais et l’italien – ce dernier en raison de la présence de Carlo Ancelotti sur le banc brésilien. L’espagnol n’ayant aucune justification fonctionnelle dans ce cadre spécifique, il n’était simplement pas disponible en traduction simultanée pour les événements officiels organisés par la FIFA. Les journalistes hispanophones qui souhaitaient poser leurs questions dans cette langue se heurtaient donc à une contrainte logistique, et non à une décision politique.

Vinicius, un choix personnel au-delà du règlement

L’affaire a pris une dimension supplémentaire avec la réaction de Vinicius Júnior en zone mixte. Interrogé par un journaliste vénézuélien qui lui demandait de s’exprimer en espagnol, le joueur du Real Madrid a choisi d’y répondre en portugais, en précisant qu’il défendait le Brésil. Ce choix, tout à fait légitime, a accentué la perception d’une forme d’exclusion linguistique là où il s’agissait en réalité d’un positionnement identitaire volontaire.

La zone mixte, contrairement aux conférences de presse officielles, est précisément l’espace où aucune contrainte de traduction ne s’applique. Les joueurs peuvent y répondre librement dans n’importe quelle langue. Le fait que Vinicius ait choisi le portugais dans ce contexte relève donc de son choix personnel, pas d’une obligation imposée par la FIFA. Achraf Hakimi, formé à Madrid et parfaitement à l’aise en espagnol, était lui aussi libre de s’exprimer dans cette langue lors des échanges informels avec la presse.

Le flou autour des règles engendre des polémiques récurrentes

Ce type de malentendu n’est pas nouveau dans les grandes compétitions internationales. Les protocoles médiatiques de la FIFA sont rarement communiqués de manière transparente au grand public, et même les accrédités ne disposent pas toujours d’une information claire en amont. Résultat : les restrictions opérationnelles sont régulièrement interprétées comme des décisions symboliques ou idéologiques, ce qui amplifie leur portée médiatique bien au-delà de leur réalité administrative.

La situation est d’autant plus compréhensible que la Coupe du monde 2026 se déroule en partie aux États-Unis et au Mexique, deux pays où l’espagnol est massivement présent. De nombreux professionnels des médias hispanophones s’attendaient naturellement à ce que la langue bénéficie d’un statut privilégié sur l’ensemble du tournoi. Ce n’est pas le fonctionnement retenu par la FIFA, qui maintient son système modulaire fondé sur les équipes en présence plutôt que sur la géographie du pays hôte. Pour ceux qui souhaitent anticiper les prochaines rencontres, consultez notre pronostic Brésil-Maroc Mondial 2026 pour une analyse complète.

Un système fonctionnel mais mal expliqué

Le protocole de la FIFA n’est pas déraisonnable dans sa logique : adapter les ressources de traduction à la réalité de chaque match permet de maîtriser les coûts et d’assurer une qualité d’interprétation cohérente. Mais son application sans pédagogie suffisante produit exactement ce type de friction. Quand deux des joueurs les plus suivis au monde – Vinicius, star du Real Madrid, et Hakimi, défenseur du PSG et icône du football africain – sont au cœur de l’incident, la résonance médiatique est inévitable.

L’épisode illustre une tension plus large dans la gestion des grandes compétitions internationales : la distance croissante entre les règles institutionnelles et leur perception par le public. Une communication proactive sur les contraintes linguistiques applicables à chaque match éviterait ces faux débats et permettrait aux journalistes de préparer leurs interventions en conséquence. Ce n’est pas une réforme de fond que cela exige – c’est simplement de la clarté. Pour parier sur les prochains matchs de la Coupe du monde, découvrez notre sélection de bookmakers fiables et adaptés à la RDC.

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Serge Mbeki
auteur

Serge Mbeki

Serge Mbeki — Rédacteur football & comparatifs bookmakers Serge Mbeki a grandi à Kinshasa. Après des études en journalisme à l'IFASIC, il travaille d'abord pour une radio sportive locale avant de se tourner vers la presse digitale en 2017, couvrant…

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