La Corée du Sud sort par la petite porte : le football coréen face à sa plus grave crise depuis des années


Trente-deuxième au classement FIFA avec 1 558,72 points – c’est la réalité brutale à laquelle doit faire face la Corée du Sud au lendemain de son élimination dès la phase de groupes du Mondial 2026, organisé en Amérique du Nord et centrale. C’est le classement le plus bas enregistré par la sélection depuis décembre 2021. En l’espace de quelques semaines, les espoirs nourris au coup d’envoi du tournoi ont cédé la place à une introspection douloureuse, tant sur le plan sportif qu’institutionnel.

D’une victoire prometteuse à un naufrage en règle

Le 12 juin 2026, tout semblait encore possible. La Corée du Sud, alors classée 25e au monde, arrachait une victoire 2-1 face à la République tchèque dans un match renversant. Ce résultat la propulsait à la 22e place mondiale, avec 1 612,55 points, et relançait des ambitions que les changements d’entraîneurs successifs – de Paulo Bento à Jürgen Klinsmann, puis à Hong Myung-bo – avaient quelque peu émoussées. Les supporters coréens osaient imaginer un parcours en phase à élimination directe.

La suite fut implacable. Une défaite 1-0 contre le Mexique, co-organisateur du tournoi, laissait encore une mince chance de qualification. Mais la défaite 1-0 contre l’Afrique du Sud lors du dernier match de groupe fut fatale. Au total, la sélection a perdu 53,83 points au classement, chutant de six rangs en quelques jours. Pour mesurer l’ampleur de la régression : après sa brillante campagne au Qatar en 2022, la Corée avait atteint la 25e place mondiale, son meilleur résultat depuis plusieurs années. Ce recul ramène aujourd’hui l’équipe à son niveau de fin 2021.

Le nouveau système de classement FIFA en temps réel, instauré en avril 2026, amplifie mécaniquement ces variations. Les matchs de phase finale sont désormais pondérés plus fortement que les rencontres amicales ou les éliminatoires, ce qui rend chaque défaite en Coupe du Monde particulièrement coûteuse en points. La Corée en a fait l’amère expérience. Pour suivre les prochaines rencontres et miser sur les matchs à venir, consultez notre pronostic Afrique du Sud Canada.

Hong Myung-bo démissionne, mais les questions restent sans réponse

Le 29 juin 2026, à la base d’entraînement de Guadalajara, Hong Myung-bo a annoncé sa démission en cent secondes chrono. Une déclaration unilatérale, sans conférence de presse, sans échange avec la presse ni explication sur les choix tactiques ou les dysfonctionnements collectifs. « Je suis ici pour assumer la responsabilité, pas pour m’expliquer », a-t-il déclaré. Il a présenté ses excuses au peuple coréen tout en affirmant que chaque décision avait été prise dans l’intérêt du football coréen.

Cette gestion de la sortie a suscité une vague de critiques. En Corée du Sud, le football est bien plus qu’un sport : c’est un vecteur d’identité nationale, porté par le souvenir encore vif de la demi-finale du Mondial 2002 jouée à domicile. Les supporters et les commentateurs sportifs attendaient des comptes, une analyse, un début de projet. Ils ont reçu une esquive. Certains observateurs estiment que ce manque de transparence rappelle les heures les plus sombres de l’ère Klinsmann, voire les dépasse en termes de communication de crise manquée.

Les conséquences financières et le fossé avec les rivaux asiatiques

Sur le plan financier, les vingt-six joueurs de la sélection se partageront 2,08 milliards de wons de primes. Chaque joueur perçoit une base de 50 millions de wons, augmentée de 30 millions au titre de la victoire contre la République tchèque. Des primes bien plus élevées étaient prévues en cas de qualification pour les tours suivants – 100 millions pour les huitièmes de finale, 200 millions pour les quarts – mais l’élimination prématurée les rend caduques. Le contraste avec le Mondial 2022, où chaque joueur avait touché jusqu’à 340 millions de wons après un parcours jusqu’en huitièmes, est saisissant.

Au-delà de l’argent, c’est le décalage avec le Japon qui préoccupe le plus les observateurs. Classé 17e mondial, le Japon est désormais la première nation asiatique au classement FIFA et a creusé un écart considérable avec son voisin coréen. Des équipes comme le Canada (30e) ou la Côte d’Ivoire (31e), qui ont progressé dans la compétition, ont d’ores et déjà dépassé la Corée au classement. D’autres nations moins bien classées avant le tournoi – Suède, Paraguay, République démocratique du Congo – pourraient également la dépasser si elles continuent leur parcours. Pour plus d’actualités sur les performances africaines, découvrez comment la RD Congo entre dans l’histoire en atteignant les huitièmes de finale du Mondial.

Un football coréen à reconstruire sur de nouvelles bases

La Corée du Sud affronte aujourd’hui une question structurelle que les succès récents avaient permis d’occulter : sur quels fondements repose réellement son football de haut niveau ? La progression spectaculaire entre 2018 (57e mondial) et 2022 (25e) avait semblé amorcer un nouveau cycle vertueux. Mais ce Mondial 2026 révèle les fragilités d’un système qui peine à produire de la régularité sur la scène internationale, en dehors de quelques individualités brillantes.

La Fédération coréenne de football devra désigner un nouveau sélectionneur dans un contexte de forte pression populaire et médiatique. Le choix sera scruté à la loupe : profil local ou entraîneur étranger, projet de jeu offensif ou pragmatique, intégration de la jeune génération ou consolidation autour des cadres actuels. Ces décisions engageront le football coréen pour les quatre prochaines années, à l’approche d’un Mondial 2030 dont les contours géographiques se précisent déjà. Pour un pays qui a appris à ne pas se contenter de participer, retomber dans l’anonymat du classement mondial n’est pas une option acceptable. Pour parier sur les prochains grands rendez-vous, explorez la liste complète de nos bookmakers partenaires.

Aminata Kouyaté
auteur

Aminata Kouyaté

Aminata Kouyaté — Analyste paris & journaliste sportive Aminata Kouyaté a grandi à Bouaké. Après une formation en journalisme à l'ISTC d'Abidjan, elle commence sa carrière dans la presse radio locale en 2003, couvrant les matchs de ligue nationale ivoirienne…

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