La CAF vote à l’unanimité pour Infantino, l’Afrique pèse sur l’élection FIFA


Les 54 associations membres de la Confédération africaine de football ont apporté leur soutien unanime à Gianni Infantino pour la prochaine élection présidentielle de la FIFA, prévue pour le mandat 2027-2031. Ce bloc de voix, l’un des plus importants au sein de l’instance mondiale, place le président sortant en position de force considérable bien avant le scrutin. L’Afrique, longtemps perçue comme un terrain de conquête électorale plutôt qu’un partenaire stratégique, s’affirme cette fois comme un acteur déterminant de la gouvernance du football mondial.

Un soutien continental sans précédent dans son ampleur

Qu’une seule confédération continentale se prononce à l’unanimité – cinquante-quatre fédérations, sans exception – constitue un signal politique rare dans le monde du football. Les divisions internes au sein des confédérations sont la norme, non l’exception. L’histoire récente de la CAF elle-même en témoigne : les tensions entre fédérations nordafricaines et subsahariennes, les querelles de leadership, les rivalités entre blocs linguistiques ont souvent compliqué toute position commune. Que cette unité se manifeste aussi clairement, et aussi tôt dans le cycle électoral, dit quelque chose sur l’état de la relation entre Infantino et le football africain.

Depuis son arrivée à la tête de la FIFA en 2016, le dirigeant suisse a cultivé des liens étroits avec les fédérations africaines. L’expansion de la Coupe du monde à 48 équipes, décidée sous sa présidence, a mécaniquement augmenté le nombre de places attribuées aux équipes du continent. Les programmes de développement financés par la FIFA ont également été renforcés, couvrant des infrastructures, des formations d’entraîneurs et des compétitions féminines dans des pays où ces ressources faisaient cruellement défaut. Ce n’est pas de la philanthropie : c’est une politique d’influence construite sur du concret. Pour suivre les analyses sur les grandes compétitions, consultez notre pronostic Brésil Norvège CDM 2026.

Le poids électoral de l’Afrique dans la gouvernance FIFA

La FIFA compte six confédérations continentales. Parmi elles, la CAF est la plus nombreuse en termes de fédérations membres. Dans un système électoral où chaque association nationale dispose d’une voix, indépendamment de sa taille ou de son budget, les cinquante-quatre membres africains représentent un levier considérable. Aucun candidat à la présidence de la FIFA ne peut sérieusement prétendre à la victoire sans avoir sécurisé une part substantielle de ce vote.

C’est précisément ce que comprend la géopolitique du football depuis des décennies. Quand Sepp Blatter maintenait son emprise sur la FIFA malgré des critiques croissantes en Europe, c’est en partie parce que les confédérations du Sud – Afrique, Asie, Amériques centrale et caribéenne – lui assuraient une base électorale stable. Infantino a hérité de cette logique et semble l’avoir consolidée avec une efficacité remarquable. Le soutien unanime de la CAF n’est donc pas simplement symbolique : il referme très tôt une partie du jeu électoral. Pour parier sur les compétitions internationales, découvrez les meilleurs bookmakers disponibles en RDC.

Ce que cela révèle des équilibres du football mondial

Cet alignement africain pose une question de fond sur la nature de la gouvernance footballistique internationale. D’un côté, il traduit une reconnaissance légitime : des engagements tenus, des ressources injectées, une visibilité accrue pour des nations que les grands tournois ignoraient encore récemment. De l’autre, il illustre la manière dont la présidence de la FIFA se construit autant par des relations bilatérales et des promesses de développement que par un programme politique clairement articulé devant l’ensemble des membres.

La question qui se posera à mesure que l’élection approche est celle du contrepoids. L’UEFA, confédération européenne, entretient des rapports souvent tendus avec Infantino sur des sujets comme la Super Ligue, le calendrier international ou la répartition des revenus. Si l’Europe venait à se mobiliser derrière un candidat alternatif, le duel entre blocs serait inédit par son intensité. Mais avec l’Afrique verrouillée, et vraisemblablement d’autres confédérations en voie de ralliement, le rapport de force penche très nettement d’un seul côté. L’élection de 2027 pourrait, à ce stade, ressembler moins à une compétition qu’à une confirmation.

Pour approfondir la question de l’impact africain sur la scène internationale, lisez aussi : Le Maroc quitte le Mondial 2026 après avoir réécrit l’histoire du football africain.

Serge Mbeki
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Serge Mbeki

Serge Mbeki — Rédacteur football & comparatifs bookmakers Serge Mbeki a grandi à Kinshasa. Après des études en journalisme à l'IFASIC, il travaille d'abord pour une radio sportive locale avant de se tourner vers la presse digitale en 2017, couvrant…

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