La Confédération africaine de football a choisi le camp de la continuité. Réuni jeudi, son comité exécutif a réaffirmé à l’unanimité son soutien au président de la FIFA, Gianni Infantino, alors que plusieurs fédérations et confédérations contestent sa conduite après l’échec d’un projet de cession partielle des activités commerciales de la Coupe du monde à des investisseurs privés.
Ce soutien compte bien au-delà d’un simple geste politique. Avec ses 54 associations membres, la CAF représente l’un des blocs électoraux les plus importants de la FIFA. À moins de l’élection prévue au Maroc en mars 2027, cette loyauté offre à Infantino un socle précieux au moment où l’UEFA cherche désormais un rival à sa présidence et où la fédération norvégienne réclame ouvertement son départ.
Un projet retiré, mais une crise de confiance bien installée
Au cœur de la controverse se trouvait la création d’une filiale commerciale, FIFA Forward Enterprise, chargée de regrouper des actifs majeurs liés aux revenus de l’instance, notamment ceux de la Coupe du monde. La FIFA espérait lever environ 4,2 milliards de dollars en cédant une participation minoritaire dans une structure valorisée à 20 milliards. En contrepartie, elle promettait à chacune de ses 211 associations membres 20 millions de dollars, ainsi qu’un renforcement du financement du développement du football.
Sur le papier, l’argument était simple: transformer la puissance commerciale de la Coupe du monde en ressources immédiates pour les fédérations. Mais la résistance a été rapide. Les critiques n’ont pas seulement porté sur l’idée d’ouvrir à des capitaux privés une partie du futur commercial du tournoi le plus rentable du football mondial. Elles ont aussi visé la méthode, jugée insuffisamment concertée. Dans la gouvernance sportive internationale, la procédure compte presque autant que le fond, surtout lorsqu’il s’agit d’un actif aussi stratégique que la Coupe du monde.
L’Afrique défend un allié politique et financier
Patrice Motsepe a donné la clé de lecture de la position africaine en invoquant la loyauté: lorsqu’une personne vous a soutenu, a-t-il plaidé en substance, on ne la trahit pas. Cette formule renvoie à un rapport de forces ancien au sein de la FIFA. Pour beaucoup de fédérations africaines, l’enjeu n’est pas seulement institutionnel. Il touche au financement, à la visibilité internationale du continent et à la place accordée à ses intérêts dans les grandes décisions du football mondial.
Depuis son arrivée en 2016, Infantino a fait de l’élargissement des compétitions et de l’augmentation des flux financiers vers les associations membres un axe central de son pouvoir. C’est un ressort politique efficace dans une organisation où chaque fédération dispose d’une voix, quelle que soit sa puissance sportive ou économique. Le soutien renouvelé de la CAF s’inscrit dans cette logique: il exprime une convergence d’intérêts, même après un épisode qui a fragilisé la crédibilité du président de la FIFA sur d’autres continents. Pour suivre l’actualité des compétitions, consultez notre pronostic Flamengo Vitoria.
Une fracture entre confédérations sur la gouvernance du football mondial
L’affaire révèle une ligne de fracture persistante entre les confédérations. En Europe, mais aussi en Asie et en Amérique du Nord et centrale, l’opposition au projet a mis en lumière une inquiétude plus large: celle d’une centralisation accrue des décisions autour de la présidence de la FIFA et d’une marchandisation toujours plus poussée de ses actifs les plus rentables. La menace d’une action en justice brandie par l’UEFA montre que la bataille porte désormais autant sur les règles internes que sur le leadership.
La plainte annoncée par la Norvège devant la commission d’éthique de la FIFA ajoute une autre dimension. Elle vise à la fois le projet d’investissement abandonné et la proximité d’Infantino avec Donald Trump, à qui il a remis en décembre le premier prix de la paix de la FIFA. Ce mélange de politique, de diplomatie personnelle et de stratégie commerciale alimente l’idée d’une présidence expansive, dont les soutiens vantent l’efficacité, mais dont les opposants dénoncent l’opacité.
Ce que prépare le vote de 2027
La FIFA a reconnu des erreurs dans la gestion du dossier et promis un examen de ses processus décisionnels, démarche saluée par la CAF. L’aveu est important, mais il ne dissipe pas le problème central: la confiance s’est érodée au sommet du football mondial. Quand une proposition touchant au cœur du modèle économique de la Coupe du monde est retirée au motif qu’elle a créé des divisions, c’est le signe d’une organisation dont l’équilibre politique reste instable.
Pour Infantino, l’enjeu des prochains mois sera double: préserver son assise dans le Sud global tout en limitant la rupture avec les fédérations qui contestent sa gouvernance. Pour la CAF, le calcul est plus direct: maintenir un partenaire jugé favorable aux intérêts africains. Le vote de 2027, au Maroc, ne se jouera pas seulement sur un nom. Il dira quelle vision de la FIFA l’emporte: une présidence fondée sur la redistribution et la fidélité des blocs électoraux, ou un retour à des garde-fous institutionnels plus stricts sur la gestion du football mondial. Pour parier sur les compétitions internationales, découvrez notre sélection de bookmakers fiables en RDC.
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