La CAF prive le Sénégal de son titre : le Maroc sacré champion d’Afrique 2025 sur tapis vert


Le Sénégal avait gagné sur le terrain. Des mois plus tard, c’est le Maroc qui entre dans les livres d’histoire comme champion d’Afrique 2025. La Confédération Africaine de Football a annulé le résultat de la finale de la CAN disputée au Maroc, déclarant le forfait de l’équipe nationale sénégalaise en application de l’article 84 du règlement de la compétition, et enregistrant le score de 3-0 en faveur de la Fédération Royale Marocaine de Football. Une décision sans précédent qui plonge le football africain dans une crise de gouvernance profonde.

Une finale déjà explosive, bien avant le coup de sifflet final

La soirée du match avait déjà tout d’un récit hors norme. Sénégal et Maroc se retrouvaient à égalité lorsque l’arbitre Jean-Jacques Ndala, sur conseil du VAR, fut invité à consulter le moniteur de bord de touche pour examiner un défi d’El Hadji Malick Diouf sur Brahim Diaz dans la surface de réparation. Au terme de cette consultation, un penalty fut accordé au Maroc dans les arrêts de jeu.

La réaction sénégalaise fut immédiate et fracassante : les joueurs quittèrent le terrain, refusant de poursuivre la rencontre. Pendant près de dix-sept minutes, la finale de la CAN ressembla davantage à une crise diplomatique qu’à un match de football. À leur retour, le gardien Édouard Mendy repoussa la tentative de Brahim Diaz, repoussant l’échéance en prolongation. C’est finalement Pape Gueye qui inscrivit le but vainqueur, offrant en apparence au Sénégal un deuxième titre continental.

L’article 84 : une clause méconnue aux conséquences dévastatrices

C’est sur ce fondement réglementaire que tout bascule. L’article 84 du règlement de la CAN prévoit les sanctions applicables en cas d’abandon ou de refus de jouer – une disposition conçue pour protéger l’intégrité des compétitions face aux comportements susceptibles d’en perturber le déroulement. En quittant le terrain, les joueurs sénégalais ont offert à la CAF une base juridique pour remettre en cause le résultat sportif, quelle que soit l’issue finale du match.

La Chambre d’appel de la CAF a estimé que cet abandon, même temporaire, constituait un forfait au sens du règlement. Le communiqué officiel est sans ambiguïté : « La Confédération Africaine de Football (CAF) Appeal Board a décidé aujourd’hui qu’en application de l’article 84 du Règlement de la Coupe d’Afrique des Nations de la CAF (CAN), l’équipe nationale du Sénégal est déclarée avoir forfait lors du Match Final de la TotalEnergies CAF Africa Cup of Nations (AFCON) Maroc 2025, le résultat du Match étant enregistré comme 3-0 en faveur de la Fédération Royale Marocaine de Football. » Ce type de sanction – un forfait rétroactif sur une finale – est inédit dans l’histoire de la compétition.

Une crise de légitimité pour la gouvernance du football africain

La Fédération Sénégalaise de Football n’a pas mâché ses mots. Dans un communiqué, elle a qualifié la décision de « injuste, sans précédent et inacceptable », ajoutant qu’elle « jette le discrédit sur le football africain ». Au-delà de la colère légitime d’une nation spoliée d’un titre après l’avoir conquis sur le terrain, cette affaire soulève des questions structurelles bien plus larges.

L’introduction du VAR dans les grandes compétitions africaines était censée renforcer l’équité sportive. Ici, c’est précisément une décision VAR – ou du moins, la perception de son arbitraire – qui a déclenché la crise. Quand la technologie censée arbitrer les litiges devient elle-même source de contestation, c’est toute la chaîne de confiance entre institutions et acteurs du sport qui vacille. La CAF se retrouve dans la position inconfortable d’avoir appliqué ses propres règles avec rigueur, tout en ayant présidé à une finale dont les conditions auraient dû, selon beaucoup, faire l’objet d’une gestion plus préventive. Pour suivre l’évolution des prochaines compétitions et affiner vos analyses, consultez notre pronostic Brésil Norvège CDM 2026 et restez à jour sur les enjeux majeurs.

Pour le football africain, l’enjeu dépasse le palmarès de la CAN. La crédibilité des institutions continentales se construit sur la capacité à gérer les crises avec transparence, cohérence et sens de la proportionnalité. Une décision juridiquement défendable peut néanmoins laisser un sentiment d’injustice durable – et ce sentiment, s’il se propage, érode l’autorité même de ceux qui prétendent défendre l’intégrité du sport. Pour parier sur les prochaines rencontres africaines, découvrez les meilleurs bookmakers disponibles en RDC.

Pour approfondir la réflexion sur les conséquences de ce type de décisions, lisez aussi Le Maroc défie la France et réécrit l’histoire du football africain.

Aminata Kouyaté
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Aminata Kouyaté

Aminata Kouyaté — Analyste paris & journaliste sportive Aminata Kouyaté a grandi à Bouaké. Après une formation en journalisme à l'ISTC d'Abidjan, elle commence sa carrière dans la presse radio locale en 2003, couvrant les matchs de ligue nationale ivoirienne…

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