États-Unis: quel sélectionneur après Mauricio Pochettino?


États-Unis: quel sélectionneur après Mauricio Pochettino?

Le sélectionneur USA est aujourd’hui au cœur de toutes les interrogations. Une semaine après la lourde élimination contre la Belgique (4-1) en Coupe du monde, la fédération américaine n’a toujours pas tranché sur l’avenir de Mauricio Pochettino, dont le contrat arrive à échéance cet été. Rien n’annonce encore une séparation officielle, mais rien ne garantit non plus une prolongation.

Le temps n’est plus à la réaction à chaud. Côté américain, le discours reste mesuré: place au recul, à l’analyse, puis aux décisions. Cette prudence se comprend. Pochettino n’avait signé en 2024 que pour le cycle de ce Mondial, et le dossier entre désormais dans une zone grise. Les États-Unis doivent choisir entre la continuité, un virage plus local ou un pari plus prestigieux.

Dans ce contexte, plusieurs profils émergent. Certains incarnent une solution logique. D’autres relèvent davantage de l’opportunité ou du fantasme. Une chose est sûre: à quatre ans de 2030 et alors que le football mondial continue de se structurer autour des grandes sélections suivies par la FIFA, l’US Soccer ne peut pas se permettre un nouveau cycle mal négocié.

Mauricio Pochettino, une continuité possible mais pas évidente

Le premier nom à examiner reste forcément celui de Mauricio Pochettino. Son bilan ne se résume pas à la claque reçue face à la Belgique. En deux ans, l’Argentin a redonné une forme de cohérence à la sélection américaine. Il a surtout recréé une dynamique collective, un sentiment d’appartenance et une certaine exigence autour du maillot.

Sur le terrain, les États-Unis ont affiché par séquences un football plus convaincant. Avant la sortie brutale du Mondial, l’équipe avait aussi reconnecté une partie du public avec son projet. Tout n’a pas été réussi, bien sûr, et les attentes n’ont sans doute pas été pleinement comblées. Pourtant, le niveau général de la sélection a bien progressé sous sa direction.

La vraie question concerne moins ses résultats immédiats que son engagement sur la durée. Repartir avec Pochettino signifierait lancer un nouveau cycle jusqu’en 2030. Or un tel choix suppose de repousser, au moins temporairement, la perspective d’un retour dans un grand club européen. Il faudrait aussi accepter les rumeurs permanentes au moindre banc prestigieux qui se libère. Pour la fédération comme pour l’entraîneur, ce serait un contrat plus lourd et plus exposé que le précédent.

Le sélectionneur USA peut-il revenir à une option plus nationale?

Si les États-Unis décident de tourner la page Pochettino, deux profils issus du paysage local reviennent avec insistance: BJ Callaghan et Brian Schmetzer. Deux trajectoires différentes, mais un point commun évident: une forte crédibilité dans l’environnement du football américain.

Callaghan garde une cote solide auprès d’une partie des supporters. Son intérim en 2023 a laissé une trace nette. Dès son premier match, il avait conduit les États-Unis à une victoire 3-0 contre le Mexique en demi-finale de la Ligue des Nations de la CONCACAF. Trois jours plus tard, son équipe battait le Canada pour soulever le trophée. Même si la Gold Cup qui a suivi fut plus contrastée avec un groupe diminué, son passage avait marqué les esprits.

Depuis, il a consolidé son image en MLS avec Nashville SC, jusqu’à remporter l’U.S. Open Cup en 2025. Sur le papier, il n’offre pas le prestige international d’un Pochettino. En revanche, il représente une solution plus accessible, plus familière et probablement plus simple à installer dans un cycle long.

Schmetzer, lui, avance avec un autre poids: celui de l’expérience. Aux Seattle Sounders, il a bâti bien plus qu’une équipe compétitive. Il a installé une culture de performance durable. Devenu entraîneur principal après Sigi Schmid, il a gagné la MLS Cup, ajouté un second titre en 2019 et atteint quatre finales de championnat en cinq ans. Seattle n’a raté les play-offs qu’une seule fois durant cette période et a même disputé deux Coupes du monde des clubs.

Son dossier est donc solide. Mais une réserve persiste dans une partie de l’opinion: choisir un technicien exclusivement enraciné en MLS pourrait être perçu comme un manque d’ambition internationale. C’est sans doute injuste au vu de son parcours, mais c’est une donnée politique que la fédération doit intégrer.

Pellegrino Matarazzo et Pep Guardiola, entre opportunité et mirage

Dans un registre très différent, Pellegrino Matarazzo apparaît comme un candidat au profil moderne. Né dans le New Jersey, il a construit sa carrière d’entraîneur en Allemagne avant de franchir un cap cette saison à la Real Sociedad. Arrivé en décembre, il a mené le club jusqu’au sacre en Copa del Rey, obtenu aux tirs au but contre l’Atlético de Madrid en finale.

Ce succès a une portée symbolique forte: Matarazzo est devenu le premier Américain à remporter un trophée majeur dans l’un des cinq grands championnats européens. Forcément, son nom prend de l’épaisseur dans la réflexion autour de la sélection américaine.

Le problème est simple: pourquoi quitterait-il l’Europe maintenant? Sa trajectoire est ascendante, son projet semble prendre forme, et le banc des États-Unis pourra très probablement l’attendre plus tard. Il coche beaucoup de cases, mais peut-être pas au bon moment.

Et puis il y a Pep Guardiola. Le nom fait rêver, forcément. Libre à ce stade, l’Espagnol représente ce que le marché offre de plus prestigieux. Il connaît en plus les États-Unis, où il a déjà vécu à New York lors d’une pause dans sa carrière. Le contexte ne lui serait donc pas totalement étranger.

Mais l’écart entre l’idée et la réalité reste immense. Guardiola pourrait prétendre à presque n’importe quel poste dans le monde, en club comme en sélection. Pour convaincre un tel entraîneur, il faudrait un alignement rare: projet global, désir personnel fort et soutien financier conséquent. L’hypothèse existe en théorie. Dans les faits, elle semble extrêmement difficile à concrétiser.

Michael Bradley, un nom pour demain plus que pour 2030

Parmi les figures qui alimentent déjà le futur, Michael Bradley occupe une place à part. L’ancien cadre de l’USMNT s’est lancé dans le métier d’entraîneur et son évolution est observée de près. Son travail avec les New York Red Bulls, notamment sur le développement des jeunes, nourrit déjà l’idée qu’il pourrait un jour revenir au premier plan dans la sélection.

Le raccourci serait toutefois prématuré. Bradley débute encore sur le banc. Son profil intrigue, son vécu international parle pour lui, et sa compréhension du football américain est évidente. Pourtant, lui confier dès maintenant le cycle vers 2030 reviendrait à brûler plusieurs étapes.

Il faut donc le ranger dans une autre catégorie: celle des candidats crédibles pour plus tard. Pas celle des solutions immédiates.

Une décision ouverte, avec du temps mais pas à perdre

Le dossier du sélectionneur USA reste ouvert parce qu’aucune évidence ne s’impose totalement. Pochettino a posé des bases, sans offrir de garantie pour la suite. Callaghan rassure, Schmetzer crédibilise une option locale, Matarazzo séduit par son ascension européenne, Guardiola incarne le rêve, et Bradley appartient encore à l’horizon lointain.

La fédération américaine dispose d’un avantage: elle n’est pas contrainte de se précipiter. Le cycle vers 2030 ne se joue pas en quelques jours. En revanche, elle ne peut pas non plus s’enfermer dans l’attentisme, comme lors de certaines séquences plus confuses du passé.

Le marché des entraîneurs change vite. Des candidats inattendus peuvent surgir, comme Pochettino lui-même en 2024. C’est d’ailleurs peut-être la seule certitude de ce dossier: les noms d’aujourd’hui ne seront pas forcément les seuls de demain. Les États-Unis ont du temps pour choisir. Ils n’ont surtout pas le droit de se tromper sur le cap.

Serge Mbeki
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Serge Mbeki

Serge Mbeki — Rédacteur football & comparatifs bookmakers Serge Mbeki a grandi à Kinshasa. Après des études en journalisme à l'IFASIC, il travaille d'abord pour une radio sportive locale avant de se tourner vers la presse digitale en 2017, couvrant…

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