Real Madrid: Mourinho face déjà ses premiers chantiers majeurs
Real Madrid doit déjà régler plusieurs problèmes sous Mourinho, et le temps ne joue pas forcément en sa faveur. De retour au Bernabéu treize ans après son départ, le technicien portugais retrouve un club ambitieux, mais aussi une équipe encore trop irrégulière pour s’installer durablement dans la course au titre.
Après sept journées de championnat, la défaite dans le derby face à l’Atlético a ravivé des interrogations connues: manque de maîtrise, difficultés à contrôler les temps faibles, et incapacité à imposer une vraie domination collective. Mourinho a signé pour trois ans afin d’apporter de la stabilité, mais les premières fissures sont déjà visibles.
Real Madrid et Mourinho: un classement déjà sous pression
Ce revers madrilène a un poids particulier. Real Madrid occupe la quatrième place de Liga, avec déjà six points de retard sur Barcelone, leader et auteur d’un départ parfait avec sept victoires en sept matchs. Le tableau est encore plus inconfortable quand on regarde la forme du rival catalan, lancé à un rythme infernal depuis le début de saison.
L’Atlético suit de près, tout comme le Betis, ce qui laisse peu de marge d’erreur. Madrid n’a d’ailleurs réussi qu’une seule fois à combler un tel écart face au Barça au sommet du championnat, lors du titre décroché sous Fabio Capello en 2006-2007. Le rappel historique n’a rien d’anodin: il souligne à quel point la remontée s’annonce délicate.
Un milieu de terrain de Real Madrid qui manque encore de contrôle
Le premier vrai chantier de Mourinho concerne l’entrejeu. Face à l’Atlético, le duo Aurélien Tchouaméni-Federico Valverde a offert de l’énergie et de la sécurité défensive, mais il a peiné à dicter le tempo. Madrid a couru davantage qu’il n’a organisé, et cela change tout dans un match fermé.
En plaçant Jude Bellingham plus haut, Mourinho a gagné un relais supplémentaire vers l’attaque, mais il a perdu en maîtrise dans les zones basses. L’entrée tardive de Bernardo Silva n’a pas eu le temps de peser. Le constat est clair: contre des blocs compacts, Real Madrid a besoin de plus de créativité entre les lignes et de davantage de contrôle à la relance.
Silva apporte justement cette capacité à régler le rythme d’une rencontre. Arda Güler représente une autre option technique, plus proche du but. Mourinho n’a pas forcément à abandonner son double pivot, mais il doit trouver la bonne formule pour que son équipe contrôle enfin ses matchs au lieu de les subir par séquences.
Mbappé, Vinicius et Bellingham: un trio à mieux faire cohabiter
L’autre urgence concerne l’animation offensive de Real Madrid. Sur le papier, le club n’a aucun problème de talent. Dans les faits, l’addition de Kylian Mbappé, Vinicius Jr et Jude Bellingham ne produit pas encore l’équilibre attendu. Face à l’Atlético, les occasions franches ont manqué, et Mbappé a presque disparu du jeu.
Vinicius, lui, a été remplacé peu après l’expulsion de Dean Huijsen en début de seconde période. Bellingham reste un atout majeur, capable de casser les lignes, d’accompagner les actions et d’apporter une présence tardive dans la surface. Mais Mourinho doit veiller à ce que ces profils s’additionnent sans se gêner.
Le Brésilien doit retrouver cette accélération qui fait sa force dans les un-contre-un. Mbappé, de son côté, a surtout besoin d’un meilleur service plutôt que d’être constamment contraint de créer lui-même ses opportunités. C’est là que l’équilibre collectif devient essentiel.
Real Madrid et Mourinho: une carte Carlos Espi à ne pas négliger
Dans ce contexte, Carlos Espi apparaît comme une solution crédible. Le jeune attaquant de 21 ans a déjà laissé une vraie impression, en marquant le but décisif dans le temps additionnel contre Espanyol, puis en répétant l’exploit face à Elche. Deux entrées marquantes qui pèsent dans une saison encore en construction.
Espi n’a pas encore le statut des autres hommes forts de l’effectif, mais il offre un profil différent. Quand Madrid cherche un point d’ancrage dans les derniers instants, sa présence peut changer la lecture d’un match. Pour Mourinho, c’est une option à garder sous le coude au moment où l’attaque principale cherche encore son meilleur dosage.
Mieux protéger les transitions, le grand défi défensif
Le troisième problème, sans doute le plus classique dans les équipes de Mourinho, concerne la gestion des pertes de balle. Contre l’Atlético, Real Madrid a trop souvent laissé des espaces autour de son milieu. Dès que la possession se perdait, l’adversaire pouvait accélérer et attaquer vite.
La situation s’est compliquée avec l’expulsion de Huijsen, mais le mal était déjà visible avant cela. Si Mourinho veut conserver une pression haute et projeter davantage de joueurs vers l’avant, Tchouaméni et Valverde devront mieux sécuriser les transitions. Sinon, l’équipe restera exposée dès qu’un ballon sera mal négocié.
Derrière, la ligne défensive a pourtant de la qualité, avec plusieurs profils solides devant Thibaut Courtois. Le gardien belge a d’ailleurs encore évité un score plus lourd grâce à plusieurs arrêts importants. Mais cette résistance ne peut pas devenir un mode de fonctionnement permanent.
Real Madrid a donc trois chantiers immédiats: reprendre le contrôle au milieu, faire cohabiter ses talents offensifs et mieux fermer les espaces à la perte du ballon. La trêve internationale offre à Mourinho un peu d’air, mais aussi une responsabilité claire. Si les réponses tardent, la course au titre risque déjà de se compliquer sérieusement.

