John Egan, du doute à la relance: un retour qui change tout pour Hull et l’Irlande
John Egan a traversé une période bien plus longue qu’une simple blessure. Après avoir été laissé sans certitude par Sheffield United, le défenseur a dû reconstruire sa carrière pas à pas, jusqu’à retrouver la Premier League avec Hull et une place dans le groupe de la République d’Irlande. À ce stade, son parcours ressemble à un vrai retour au premier plan, forgé dans la patience et la résistance.
John Egan et Sheffield United, une histoire forte avant la rupture
Le défenseur irlandais a porté le maillot des Blades à 208 reprises en six saisons. Avec Sheffield United, il a surtout connu deux montées en Premier League, en 2019 puis en 2023, avant d’être nommé capitaine à l’été 2023. Mais son second passage dans l’élite s’est rapidement arrêté: une blessure au tendon d’Achille l’a écarté des terrains dès septembre, et son dernier match pour le club remonte à cette période.
L’absence a duré près de dix mois, un délai lourd à porter pour un joueur déjà engagé dans une course contre le temps. Lorsque son contrat a expiré l’été suivant, Sheffield United a choisi de ne pas prolonger. Pour Egan, la suite a eu un goût amer, au moment même où il tentait de revenir d’un grave pépin physique.
Une relance d’abord à Burnley, puis un virage décisif vers Hull
Le défenseur n’est pas resté longtemps sans solution. Il a effectué des essais à Burnley et à West Ham, et Scott Parker a estimé que son expérience méritait un contrat d’un an. Burnley voulait alors remonter immédiatement après sa relégation, et Egan a commencé à retrouver du rythme dans ce cadre exigeant.
Le problème, pour lui, tenait à la concurrence et à sa remise en forme encore incomplète. Avec seulement sept apparitions, il a fini par faire un choix surprenant mais cohérent avec sa situation: quitter Turf Moor pour Hull, engagé dans une lutte pour le maintien. Cinq mois après son arrivée à Burnley, il signait un contrat de 18 mois chez les Tigers.
Son intégration a été immédiate. Il a enchaîné avec une première titularisation complète après plus d’un an, face à Burnley, lors d’une défaite 2-0 en février. Ensuite, il a participé aux dix rencontres suivantes, dans une fin de saison tendue où Hull a assuré son maintien grâce à une meilleure différence de buts lors de la dernière journée.
John Egan retrouvé, Hull lancé vers la Premier League
La saison suivante a marqué un tournant. L’arrivée de Sergej Jakirovic a transformé l’équipe, et Egan, enfin débarrassé de ses soucis physiques, est redevenu un cadre. Il a pris part à 48 matches, un volume qui dit beaucoup de sa place retrouvée dans l’effectif.
Hull a d’abord accroché les play-offs, puis a dominé Middlesbrough en finale pour revenir en Premier League pour la première fois depuis 2017. Pour Egan, cette montée a eu une résonance particulière: après avoir gagné l’élite avec Sheffield United, il s’offrait une nouvelle chance au plus haut niveau, cette fois sous d’autres couleurs.
Le début de saison confirme que l’histoire n’a rien d’un simple retour sentimental. Hull a frappé fort d’entrée avec une victoire 2-0 contre Manchester United, et le défenseur a signé 18 dégagements dans cette rencontre. Les Tigers ont ensuite enchaîné avec des matches sans encaisser contre Coventry et Aston Villa, avant d’aller chercher un point à Chelsea à Stamford Bridge et de perdre de peu face à Newcastle.
John Egan veut regagner du terrain avec l’Irlande
Ses performances en club n’ont pas seulement relancé Hull. Elles lui ont aussi ouvert à nouveau les portes de la sélection irlandaise en octobre dernier, après deux ans sans convocation. Longtemps titulaire naturel, Egan a vu la concurrence monter avec Nathan Collins, Dara O’Shea et Jake O’Brien, ce qui l’a repoussé un peu plus bas dans la hiérarchie.
Sous les ordres de Heimir Hallgrimsson, il a surtout joué un rôle de soutien. Il est entré en fin de match lors de la défaite 1-0 contre le Portugal, puis est resté sur le banc contre l’Arménie, à nouveau le Portugal, et lors du succès retentissant contre la Hongrie, qui a permis à l’Irlande d’espérer une place pour la Coupe du monde via les barrages. Il a ensuite été remplaçant non utilisé contre la République tchèque, avant de signer sa 38e sélection en débutant le nul 0-0 en amical contre la Macédoine du Nord en mai.
Une fenêtre favorable avec la FIFA Nations League
Le contexte actuel peut lui offrir une vraie opportunité. Hallgrimsson apprécie un système avec trois défenseurs centraux, et Egan a des arguments pour occuper l’un de ces postes face au Kosovo, lors de l’ouverture de la Ligue des nations. Le scénario lui est favorable: Collins est blessé, O’Brien a peu joué avec Everton, et O’Shea évolue même parfois à droite à Ipswich.
Les autres solutions du groupe restent moins expérimentées sur la scène internationale. Liam Kitching, Jimmy Dunne et James Abankwah découvrent encore ce niveau, ce qui renforce l’idée qu’Egan peut rendre de précieux services, au moins dans cette fenêtre condensée. Avec des matches rapprochés contre l’Autriche et Israël dans un calendrier resserré sur douze jours, du temps de jeu devrait lui revenir.
Qu’il commence ou non à Pristina, l’essentiel est déjà là: John Egan a retrouvé l’élite, puis la sélection, après une période qui aurait pu le faire disparaître du radar. Désormais, il semble bien décidé à reprendre la place qu’il avait perdue, autant en club qu’en Irlande.



