Everton avance sans bruit, mais Moyes refuse déjà de parler d’Europe


Everton avance sans bruit, mais Moyes refuse déjà de parler d’Europe

Everton a démarré fort, mais David Moyes ne veut pas que l’emballement prenne le dessus. Après le succès 1-0 contre Ipswich Town, qui a porté les Toffees à neuf points et une cinquième place provisoire en Premier League, l’entraîneur écossais a coupé court à toute projection trop ambitieuse. Cette fois, le mot Europe est soigneusement évité. Le souvenir de la fin de saison dernière reste trop frais pour nourrir de nouveaux rêves prématurés.

Le constat est pourtant solide: deux victoires, trois nuls et toujours aucune défaite après cinq journées. Everton figure aussi parmi les cinq équipes encore invaincues du championnat. Mais Moyes, lui, préfère insister sur le travail de fond plutôt que sur le classement. Il sait combien la marge est mince dans un début de saison réussi.

Le souvenir amer de la saison passée freine l’enthousiasme d’Everton

Le technicien n’a pas oublié le scénario de 2024-2025. En mars, une victoire 3-0 contre Chelsea avait même placé Everton à la huitième place, à seulement trois points d’un ticket potentiellement qualificatif pour la Ligue des champions. À ce moment-là, le club semblait pouvoir viser un retour en Coupe d’Europe pour la première fois depuis 2017-2018.

La suite a été bien plus rude. Everton a terminé la saison sans victoire lors de ses sept dernières rencontres et a glissé à la 13e place. Le club a fini à quatre points de Brighton, qualifié pour la Conference League, et à cinq de Sunderland, qui a rejoint Bournemouth et Crystal Palace en Europa League. Dans ces conditions, on comprend pourquoi Moyes refuse de se projeter trop vite.

Lorsqu’on lui a demandé s’il avait fixé à ses joueurs un objectif européen, le manager a répondu avec prudence. Il ne veut pas afficher ce discours devant les médias tant que son groupe n’a pas encore consolidé ses bases. Pour lui, l’heure reste à la préparation et à la constance, pas aux déclarations d’intention.

Everton, une défense solide et un Barry déjà décisif

Le bon départ d’Everton repose d’abord sur une assise défensive très nette. Les Toffees ont gardé leur cage inviolée à cinq reprises en sept matches toutes compétitions confondues. Face à Ipswich, ils ont encore fait la différence grâce à un but de Thierno Barry dès la 11e minute, son cinquième de la saison.

Ce chiffre prend encore plus de relief quand on regarde l’effectif offensif. Barry est désormais l’unique avant-centre de métier du club, après le départ de Beto vers la Fiorentina le dernier jour du mercato. Dans le même mouvement, Iliman Ndiaye, autre élément offensif important, a rejoint Manchester City. Everton a donc perdu des solutions, sans pour autant perdre son équilibre.

Barry s’impose ainsi comme l’une des bonnes surprises de ce début d’exercice. Jordan Pickford a d’ailleurs souligné son volume de travail, estimant que ses efforts finiront par payer encore davantage. Le gardien anglais a aussi rappelé qu’une première saison en Premier League est souvent un apprentissage exigeant, avant d’ajouter que l’attaquant semble avoir trouvé ses repères plus vite cette année.

Moyes exige plus malgré l’invincibilité d’Everton

Malgré cette série sans défaite, Moyes ne se satisfait pas du minimum. Il a reconnu que son équipe avait bien tenu à l’extérieur, avec des nuls à Tottenham et à Bournemouth, mais il attend davantage dans le dernier geste. Le match contre Ipswich a offert 21 tirs à Everton, mais seulement deux cadrés. Pour l’entraîneur, ce déséquilibre résume encore les progrès à accomplir.

Le message est clair: Everton doit mieux centrer, mieux finir et oser davantage aux abords de la surface. Moyes a d’ailleurs expliqué être plus frustré par le manque de buts que par autre chose. À ses yeux, l’équipe ne deviendra vraiment crédible que lorsqu’elle saura transformer sa solidité en efficacité offensive.

De retour sur le banc en janvier 2025, alors qu’Everton était 16e et à un point de la zone rouge, le coach a dû composer avec des attentes plus élevées. Il rappelle pourtant que son travail a déjà permis au club de sortir d’une situation délicate, dans un contexte de moyens limités et de transition vers un nouveau stade. Pour lui, le chemin parcouru mérite d’être reconnu, sans pour autant servir d’excuse.

Le regard extérieur confirme la solidité d’un Everton bien organisé

L’ancien international anglais Danny Murphy a livré une lecture proche de celle de Moyes. Pour le consultant, un groupe dirigé par l’Écossais surprend rarement dans le mauvais sens. Il a souligné l’organisation, la discipline et la capacité d’Everton à rester dangereux même sous pression. Selon lui, les supporters peuvent regretter un mercato jugé insuffisant devant, mais la structure générale de l’équipe reste fiable.

Murphy estime aussi que la défense, avec Jordan Pickford derrière, donne une base très solide. C’est précisément ce socle qui permet aux Toffees d’aller chercher des points même sans dominer. Le banc n’est pas pléthorique, mais le niveau collectif reste assez élevé pour éviter les grosses alertes. Un constat qui rejoint l’idée d’un club difficile à faire tomber.

Pickford, justement, a insisté sur cette capacité à souffrir ensemble. Le gardien a parlé de l’“Everton way”, cette manière de se battre jusque dans les moments les plus compliqués. Il a aussi salué la dynamique en cours, tout en rappelant que l’équipe ne retrouvera la Premier League que le 11 octobre face à Hull City, après la trêve internationale.

Une trêve utile avant un mois d’octobre déjà chargé pour Everton

Cette pause tombe à point nommé pour un groupe qui a déjà montré de la résistance. Everton y entre avec le sentiment d’avoir posé des bases intéressantes, mais sans garantie pour la suite. Moyes l’a répété à sa manière: être invaincu après cinq journées compte, mais ce n’est pas une fin en soi.

Le club a aussi pris confiance en coupe, avec deux succès en Carabao Cup qui le conduisent à recevoir Newcastle en huitièmes de finale en octobre. Cette série renforce l’idée d’un Everton compétitif sur plusieurs tableaux, à condition de conserver la même rigueur. La prochaine période dira si cette solidité peut durer ou si elle cache encore trop de limites offensives.

En attendant, les Toffees avancent sans bruit et sans excès. Moyes veut de la prudence, Pickford parle d’effort collectif, et Barry continue de marquer des points. Everton, lui, a retrouvé une forme d’équilibre. Reste à savoir si cela suffira pour rêver plus grand plus tard.

Serge Mbeki
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Serge Mbeki

Serge Mbeki — Rédacteur football & comparatifs bookmakers Serge Mbeki a grandi à Kinshasa. Après des études en journalisme à l'IFASIC, il travaille d'abord pour une radio sportive locale avant de se tourner vers la presse digitale en 2017, couvrant…

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