OM: Stéphane Richard assume un discours brutal et déclenche déjà des réserves
Stéphane Richard a choisi de parler sans détour de la situation de l’OM, quitte à heurter une partie du public marseillais. Le nouveau président olympien a dressé un tableau sans fard des finances du club et de la reconstruction à venir, avec un message clair: le redressement ne sera ni rapide ni confortable.
Lors d’une conférence organisée par CMA CGM, sponsor principal de l’Olympique de Marseille, l’ancien patron d’Orange a expliqué que la saison 26-27 servirait de base à cette reconstruction, dans le cadre d’une saison de transition. Un discours très direct, presque comptable, qui tranche avec les attentes d’un environnement où la passion et l’immédiateté pèsent toujours lourd.
Un discours sur l’OM qui parle d’abord de patience
Le cœur du message de Stéphane Richard tient en une idée simple: l’OM ne peut pas être sauvé par un coup de baguette magique. En substance, il a balayé l’idée d’un investisseur miracle prêt à injecter des centaines de millions chaque année sans logique économique durable. À ses yeux, ce serait même une manière irresponsable de présenter les choses.
Cette prise de parole a immédiatement marqué les esprits, parce qu’elle place les supporters face à une réalité que beaucoup préfèrent repousser. Le club phocéen doit composer avec un projet de reconstruction, et non avec la promesse d’un miracle financier. À Marseille, ce type de message est rarement reçu avec sérénité.
Stéphane Richard critiqué pour une communication jugée trop technocratique
La sortie du dirigeant n’a pas seulement surpris par son contenu. Elle a aussi relancé le débat sur sa manière de s’adresser au public. Mathieu Grégoire, journaliste spécialisé de l’OM, a été l’un des premiers à pointer une communication qu’il juge trop proche des codes du management d’entreprise.
Selon lui, ce registre rappelle fortement celui de Jacques-Henri Eyraud, ancien président du club, souvent critiqué pour une relation compliquée avec les supporters. Le journaliste estime que Stéphane Richard parle encore comme s’il s’adressait à des cadres, à des interlocuteurs économiques ou politiques, alors qu’il dirige désormais un club suivi par des millions de personnes.
Cette nuance compte beaucoup à Marseille. Un discours rationnel peut séduire dans une salle de conférence, mais il passe souvent beaucoup plus mal au Vélodrome. Dans un club où l’émotion fait partie du quotidien, la forme pèse presque autant que le fond.
OM: une partie des supporters déjà sur la réserve
Les critiques ne viennent pas seulement des observateurs. Sur les réseaux sociaux, de nombreux supporters de l’OM ont mal accueilli cette première grande prise de parole. Sans réclamer ouvertement un départ, ils peinent déjà à s’identifier à Stéphane Richard, dont la posture paraît distante à leurs yeux.
Ce sentiment d’éloignement est d’autant plus sensible que le club vit une période de transition. À Marseille, la moindre phrase est scrutée, pesée, amplifiée. Dès lors, un président qui insiste sur les contraintes financières prend le risque de voir s’installer une forme de méfiance avant même les premiers résultats.
Le cas de Grégory Lorenzi illustre aussi cette difficulté à créer un lien immédiat avec la base marseillaise. Dans cet OM en reconstruction, certains noms suscitent encore des interrogations, alors que Bruno Genesio apparaît pour sa part comme l’un des rares éléments capables de faire consensus auprès des habitués du Vélodrome. Ce contraste souligne à quel point l’équilibre reste fragile.
Le chantier de l’OM dépasse largement la seule communication
Au fond, la polémique ne se limite pas à une phrase de trop ou à un ton jugé trop froid. Elle révèle surtout la délicatesse du chantier sportif et institutionnel qui attend l’Olympique de Marseille. Entre la nécessité de stabiliser le club et celle de préserver l’adhésion populaire, la marge d’erreur est mince.
Stéphane Richard veut sans doute installer un récit de reconstruction réaliste. Mais à Marseille, la pédagogie ne suffit pas toujours. Le supporteur marseillais attend des perspectives, bien sûr, mais il veut aussi sentir une ambition, une énergie et une proximité.
Le défi du nouveau président sera donc double: rassurer sur la trajectoire économique sans casser le lien affectif avec le peuple olympien. Dans un club aussi exposé, chaque mot peut devenir un symbole. Et cette première sortie montre déjà que la communication de l’OM sera elle aussi un terrain de bataille.


