Le boycott de l’UEFA reste intact après le soutien de la FIFA à Gianni Infantino
FIFA reste au cœur d’une crise institutionnelle majeure, et l’UEFA n’entend pas desserrer l’étau. Malgré le soutien affiché à Gianni Infantino après la réunion de Rabat, l’instance européenne a confirmé que son boycott des compétitions organisées par la FIFA demeure en vigueur. Pour l’UEFA, les explications livrées par Zurich ne changent rien au fond du dossier: la confiance est rompue, et rien ne permet encore d’envisager un retour à la normale.
Une réunion à Rabat qui ne calme pas les tensions
Gianni Infantino s’est rendu au Maroc avec un objectif clair: sortir par le haut d’une séquence devenue embarrassante pour la FIFA. Autour de lui, le secrétaire général Mattias Grafstrom et plusieurs membres du comité de direction ont évoqué les dysfonctionnements liés au projet FFE, tout en reconnaissant que des erreurs avaient été commises. Mais le président suisse a surtout obtenu ce qu’il cherchait: un appui formel pour poursuivre son mandat.
Dans le communiqué publié ensuite, la FIFA a insisté sur le « plein soutien » accordé à son président, seul élu par les 211 associations membres. L’organisation a aussi présenté cette rencontre comme une occasion de renforcer sa gouvernance et de corriger ses processus internes. Sur le papier, le message se veut apaisant. Dans les faits, il a surtout ravivé la colère des Européens.
L’UEFA maintient son boycott de la FIFA
L’UEFA n’a pas tardé à réagir. L’instance dirigée par ses associations membres rappelle que ses conditions étaient très précises: le retrait du projet de cession des grandes compétitions et la garantie qu’aucune initiative comparable ne serait relancée. Or, ces exigences n’ont pas été satisfaites à ses yeux.
Plus encore, l’UEFA affirme avoir déjà perdu confiance en Gianni Infantino et indique que cette position reste inchangée. Elle balaie également l’idée qu’un soutien interne à la FIFA puisse modifier l’équation. Pour l’Europe, les responsables directement liés au président ne constituent pas une preuve suffisante de stabilité ou de légitimité.
Le projet FFE, un dossier explosif pour la FIFA
À l’origine, le projet FIFA Forward Enterprise visait à ouvrir une part des droits commerciaux des compétitions phares de la FIFA à des investisseurs. Le package incluait notamment les Coupes du monde masculine et féminine, ainsi que d’autres événements majeurs. L’idée était de créer une nouvelle entité dédiée à cette opération.
La FIFA avait présenté Thrive Eternal, un fonds américain fondé par Joshua Kushner, comme chef de file du groupe d’investisseurs. Mais le montage a été très mal reçu. L’UEFA, l’AFC et la CONCACAF ont critiqué le principe même du dossier, estimant qu’il menaçait l’équilibre du football mondial. Le projet a finalement été retiré, après une polémique qui a laissé des traces.
Des excuses, mais pas de vraie sortie de crise
Dans son texte officiel, la FIFA reconnaît que le processus n’a pas été géré correctement. L’instance admet notamment que le Conseil de la FIFA et les associations membres ont pu se sentir exclus et qu’une meilleure méthode aurait dû être employée. Elle reconnaît aussi des erreurs après la fuite du projet dans les médias.
Une lettre séparée d’excuses a été adressée au Conseil de la FIFA et aux fédérations membres. Un examen interne doit désormais être mené, avec un rapport attendu lors de la prochaine réunion prévue du Conseil. La Fédération mondiale promet également de mieux protéger son intégrité et son image. Mais tant que l’UEFA maintient son boycott, l’apaisement paraît encore lointain.
Ce que révèle cette affaire pour l’avenir de la gouvernance
Au-delà du bras de fer immédiat, l’affaire FFE met en lumière une fracture plus large sur la manière de diriger le football mondial. La FIFA insiste sur la continuité, la transparence et l’efficacité. L’UEFA, elle, réclame des garanties concrètes et juge que les décisions prises jusqu’ici ne répondent pas à ses attentes.
La suite dépendra désormais de la capacité de la FIFA à rétablir la confiance auprès de ses membres et de ses confédérations. Pour l’instant, le message venu de Rabat n’a pas refermé le dossier. Il a plutôt confirmé une chose: la bataille d’influence autour de Gianni Infantino ne fait que commencer, et le football mondial en porte déjà les secousses.


