The Open 2026: Scheffler face au piège Royal Birkdale


The Open 2026: Scheffler face au piège Royal Birkdale

The Open 2026 s’ouvre dans un décor chargé d’histoire et de tension, avec Scottie Scheffler en homme à battre sur le links redouté de Royal Birkdale. Dernier majeur de la saison, le tournoi revient à Southport pour la première fois depuis le sacre de Jordan Spieth en 2017, sur un parcours qui n’offre rien et pardonne rarement.

Le défi s’annonce d’autant plus singulier que les conditions ont transformé le visage du tracé. La chaleur a aminci un rough par endroits moins punitif, mais elle a surtout durci les fairways, ce qui complique considérablement la lecture des mises en jeu. Sur un parcours resserré après des travaux menés en 2024, avec ses bunkers profonds et son exposition aux rafales venues de la mer d’Irlande, le contrôle primera souvent sur la force brute.

Scheffler l’a lui-même résumé: à Birkdale, chaque trou impose réflexion, calcul et adaptation. L’Américain s’attend à un golf ferme, avec des rebonds capricieux et des trajectoires difficiles à maîtriser. En clair, le numéro un mondial ne devra pas seulement imposer son jeu, mais aussi garder la tête froide dans un environnement qui promet de tester autant l’esprit que la technique.

The Open 2026: Scheffler peut-il réussir le doublé?

Le champion en titre arrive pourtant avec un petit nuage au-dessus de lui. La semaine passée, il a manqué le cut à l’Open d’Écosse, une sortie décevante à quelques jours du rendez-vous majeur. Mais son statut reste intact. Sur ses cinq participations à The Open, Scheffler a signé trois top 10 et n’a jamais terminé au-delà du top 25.

L’histoire lui offre même un repère flatteur. Aucun joueur n’a conservé la Claret Jug depuis Padraig Harrington en 2008, et ce second triomphe consécutif de l’Irlandais avait justement eu lieu à Birkdale. Mieux encore, huit des dix précédents vainqueurs sur ce parcours avaient déjà remporté un majeur. Ce n’est pas une garantie, mais le profil du lieu semble favoriser les golfeurs déjà armés pour les grandes scènes.

Dans cette logique, Scheffler coche beaucoup de cases. Sa sérénité dans les grands rendez-vous, sa précision stratégique et sa capacité à accepter les aléas du links font de lui un candidat naturel à sa propre succession. Si son putting reste au niveau affiché cette saison, il sera très difficile à sortir du jeu.

Rory McIlroy veut relancer sa quête d’une deuxième Claret Jug

Rory McIlroy, lui, arrive avec une autre forme de pression. Le Nord-Irlandais n’a gagné The Open qu’une seule fois, en 2014, à Royal Liverpool, à moins de 50 kilomètres de Birkdale. Depuis, il a accumulé six top 10 dans le tournoi sans parvenir à reconquérir la Claret Jug.

Sur le papier, le parcours ne semble pas taillé pour maximiser ses qualités premières. Birkdale récompense certes parfois la longueur, mais exige surtout de la précision au départ et une excellente lecture des roule après l’atterrissage. Ce terrain-là peut freiner les joueurs trop dépendants de la puissance.

Pourtant, McIlroy ne cache pas son envie. Quatrième ex aequo en 2017 après une grosse remontée le dimanche, il garde un souvenir positif du lieu. Sa 7e place à l’Open d’Écosse a aussi entretenu sa confiance. Surtout, il estime que le parcours, dans son état actuel, permet une approche plus agressive qu’attendu. Le rough est toujours long, mais moins dense qu’il ne l’était lors de son repérage. Pour un joueur de son talent, cette nuance peut changer beaucoup.

McIlroy voit dans ces conditions un test complet, capable d’évaluer toutes les dimensions du jeu. C’est précisément ce qui rend sa candidature intéressante: il ne part pas avec le profil parfait, mais il possède l’expérience, l’élan et le panache pour faire basculer une semaine.

Royal Birkdale peut-il offrir un vainqueur anglais?

Le public local aura plusieurs raisons d’espérer. La plus émotionnelle mène à Tommy Fleetwood, enfant du pays, déjà très soutenu en 2017. Cette année-là, il avait terminé 27e, mais surtout franchi le cut à The Open pour la première fois. Depuis, son épaisseur sur le circuit s’est affirmée.

Fleetwood n’a pas encore gagné en 2026, mais ses six top 10 témoignent d’une vraie régularité. Ses statistiques collent aussi aux exigences du parcours: il pointe au sixième rang du PGA Tour en précision au drive et au premier rang au scrambling. Autrement dit, il possède les outils pour survivre aux erreurs inévitables et rester au contact jusqu’au dimanche.

Il n’est toutefois pas le seul Anglais à nourrir de solides ambitions. Aaron Rai traverse une saison de rêve depuis son titre au PGA Championship. Deuxième en précision au drive et dixième en greens en régulation sur le PGA Tour, il présente lui aussi un profil compatible avec la rigueur imposée par Birkdale.

Et puis il y a Justin Rose, sans doute la plus belle histoire possible. Le champion de l’U.S. Open 2013 reste sur une nouvelle déception au Masters, mais il a déjà terminé deux fois deuxième à The Open, la plus récente en 2024. Son lien avec Birkdale est ancien et fort: en 1998, pour ses débuts dans le tournoi, il s’était offert une fin mémorable au 18 pour terminer quatrième ex aequo et décrocher la Silver Medal du meilleur amateur. Un triomphe ici, vingt-huit ans plus tard, aurait une portée particulière.

Matt Fitzpatrick, le profil le plus complet pour défier Scheffler

S’il faut pourtant dégager le nom du principal rival de Scheffler, Matt Fitzpatrick s’impose avec de sérieux arguments. L’Anglais réalise une saison de très haut niveau sur le PGA Tour, avec trois victoires et huit top 10. Son jeu, surtout, paraît presque dessiné pour Birkdale.

Ses chiffres de 2026 parlent pour lui: troisième au total des strokes gained, premier dans le jeu d’approche, neuvième au total driving, neuvième en précision au drive, troisième en greens en régulation, deuxième en scoring moyen et troisième sur les par 4. Ce dernier indicateur compte particulièrement sur un parcours qui comporte douze trous de ce type.

Fitzpatrick connaît déjà Birkdale, où il avait passé pour la première fois le cut de The Open comme professionnel en 2017. Depuis, il a franchi un cap majeur dans toutes les dimensions du jeu. Son titre à l’U.S. Open 2022 a validé sa capacité à gagner sous pression, tandis que sa quatrième place à Portrush l’an dernier et sa troisième place à l’Open d’Écosse la semaine dernière renforcent sa crédibilité.

Dans un tournoi où l’expérience des grands rendez-vous, la maîtrise tactique et la précision au départ devraient peser lourd, Fitzpatrick ressemble au candidat anglais le plus sérieux pour mettre fin à une longue attente. Aucun Anglais n’a remporté The Open depuis Nick Faldo en 1992, et aucun ne l’a gagné sur le sol anglais depuis Tony Jacklin en 1969.

Dates et diffusion de The Open 2026

Le 154e The Open débute le jeudi 16 juillet et se termine le 19 juillet à Royal Birkdale, à Southport. Le tournoi referme la saison des majeurs dans une atmosphère toujours à part, entre tradition pure, météo changeante et exigence technique absolue.

La diffusion est assurée par Sky Sports Golf, avec une couverture en direct sur l’ensemble des quatre tours. Pour les spectateurs non abonnés à Sky Sports, NOW TV propose des pass journée et des offres mensuelles incluant l’accès à la chaîne.

Pour le reste, tout se jouera sur le sable, le vent et le courage. Birkdale n’est pas un décor de carte postale. C’est un juge. Et cette semaine, il dira si Scheffler est intouchable, si McIlroy peut enfin reprendre la main, ou si l’Angleterre tient son grand retour à la maison. Pour suivre l’actualité du sport mondial, vous pouvez aussi consulter le site officiel de la FIFA.

Aminata Kouyaté
auteur

Aminata Kouyaté

Aminata Kouyaté — Analyste paris & journaliste sportive Aminata Kouyaté a grandi à Bouaké. Après une formation en journalisme à l'ISTC d'Abidjan, elle commence sa carrière dans la presse radio locale en 2003, couvrant les matchs de ligue nationale ivoirienne…

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