Angleterre – RD Congo: Harry Kane sauve les Three Lions au bout du suspense


Angleterre – RD Congo: Harry Kane sauve les Three Lions au bout du suspense

Angleterre RD Congo a longtemps ressemblé à l’un des grands pièges de ce Mondial 2026. Menés très tôt, bousculés dans l’impact et longtemps incapables de transformer leur domination en occasions franches, les Anglais ont finalement renversé la situation grâce à un doublé de Harry Kane, vainqueurs 2-1 après une après-midi tendue.

Le capitaine anglais, titularisé pour la 90e fois avec le brassard, a remis son équipe à l’endroit à la 75e minute avant d’enfoncer le clou à quatre minutes du terme. Ce succès envoie l’Angleterre en huitièmes de finale, où l’attend désormais le Mexique dans la nuit de dimanche à lundi.

Sur le papier, l’essentiel est là pour Thomas Tuchel. Dans le contenu, en revanche, cette qualification laisse bien des doutes. Son choix de composition, déjà discuté avant le coup d’envoi, a failli se retourner contre lui face à une sélection congolaise courageuse, disciplinée et portée par un Lionel Mpasi remarquable dans les buts.

Angleterre RD Congo: un début de match à l’avantage des Léopards

L’Angleterre est totalement passée à côté de son entame. Pendant près de 25 minutes, la sélection européenne a affiché un visage décousu, sans rythme ni cohésion, alors que la RD Congo se montrait plus juste, notamment dans l’entrejeu.

L’ouverture du score n’a rien eu d’un accident. Dès la 7e minute, Chancel Mbemba a trouvé l’ouverture avec une longue transversale vers Brian Cipenga. L’ailier d’Almeria, laissé dans un espace étonnant, a contrôlé puis frappé au premier poteau. Jordan Pickford a été battu sur une tentative qu’il pouvait sans doute mieux négocier.

Loin de réagir immédiatement, l’Angleterre a prolongé son flottement. Noni Madueke et Marcus Rashford n’ont pas pesé sur les côtés, revenant trop souvent vers l’intérieur sans créer de décalage. Le manque de plan clair s’est ressenti dans presque chaque séquence offensive.

La frustration anglaise a fini par se voir aussi dans les duels. Jude Bellingham, agacé, a écopé d’un carton jaune après une intervention rugueuse sur Nathanael Mbuku. À ce moment-là, les Léopards donnaient l’impression d’avoir parfaitement compris comment gêner leur adversaire.

Mpasi immense, la défense congolaise repousse tout

Le tournant psychologique de la première période est peut-être venu de la pause hydratation. Elle a offert à Tuchel l’occasion de recadrer son équipe, et l’Angleterre a montré ensuite un peu plus d’intensité. Encore fallait-il battre Lionel Mpasi.

Le gardien congolais a d’abord détourné une tête de Bellingham sur un centre de Declan Rice. Puis il a bénéficié du soutien constant de sa défense, irréprochable dans l’effort et le placement. Axel Tuanzebe s’est jeté au bon moment pour empêcher Kane de déclencher, avant qu’Aaron Wan-Bissaka ne sauve sur sa ligne une tentative de Rashford au second poteau.

La RD Congo n’a pas seulement subi. Juste avant la pause, elle a même failli doubler la mise. Wan-Bissaka a débordé à droite et servi Yoane Wissa, dont la reprise à bout portant a terminé sur l’extérieur du poteau. Un avertissement très sérieux pour une arrière-garde anglaise encore endormie.

Dans la foulée, une action a fait monter la tension d’un cran. Lancé en profondeur, Kane est tombé après être passé au-dessus du bras tendu de Mpasi. Les Anglais ont réclamé un penalty, mais l’arbitre jordanien Adham Makhadmeh a estimé qu’il y avait simulation.

Avant la mi-temps, Mpasi a encore fermé la porte. Il a repoussé une nouvelle tentative de Bellingham, puis une occasion de Kane au second poteau après un corner de Rice. À ce stade, la RD Congo tenait son exploit grâce à une organisation défensive solide et à un gardien en état de grâce.

Harry Kane renverse l’Angleterre et change tout

Au retour des vestiaires, le scénario n’a d’abord pas changé. L’Angleterre avait le ballon, mais pas la justesse décisive. Rashford a trouvé le petit filet, tandis que Mpasi s’est encore illustré sur un ballon de Bellingham dévié vers le but.

La différence est finalement venue à la 74e minute. Tout juste entré, Anthony Gordon a déposé un centre précis, et Harry Kane a pris le dessus sur son défenseur pour placer une tête victorieuse. Pour la première fois de l’après-midi, le capitaine anglais avait gagné son duel direct dans la surface.

Ce but a changé l’atmosphère du match. L’Angleterre a senti la RD Congo reculer, un peu émoussée après tant d’efforts. Le soulagement anglais était visible, mais il a encore fallu un éclair de très haut niveau pour sécuriser la qualification.

À la 86e minute, après une nouvelle intervention de Mpasi devant Bellingham, Gordon a permis à l’action de se poursuivre. Le ballon est revenu vers Kane, qui s’est créé l’espace d’un geste avant de décocher une frappe du droit puissante dans le filet. Deux occasions nettes, deux buts: le réalisme du grand attaquant a fait toute la différence.

Avec cette 12e réalisation en phase finale de Coupe du monde, Kane rejoint Pelé dans la hiérarchie des buteurs citée après la rencontre. Surtout, il a encore sorti son équipe d’une situation inconfortable, au moment où elle semblait glisser vers une immense désillusion.

La RD Congo sort frustrée, l’Angleterre qualifiée mais prévenue

Pour la RD Congo, l’issue a quelque chose de cruel. Les Léopards ont livré un match courageux, appliqué et parfois très inspiré. Leur ligne défensive, composée de Wan-Bissaka, Tuanzebe, Mbemba et Arthur Masuaku, a tenu tête à une attaque anglaise plus réputée pendant plus d’une heure. Avec Mpasi, elle a longtemps incarné la résistance parfaite.

Cette prestation ne suffira pourtant pas à prolonger l’aventure. Elle laissera au moins l’image d’une équipe compétitive, capable de faire douter un prétendant, avec une vraie discipline et des sorties de balle propres dans les meilleurs moments.

Côté anglais, la qualification compte évidemment plus que tout. Elle présente même un caractère historique: c’est la première fois depuis la finale de 1966 contre l’Allemagne de l’Ouest que l’Angleterre gagne un match de Coupe du monde après avoir concédé l’ouverture du score. Les statistiques et le tableau final retiendront cela.

Mais le terrain a raconté autre chose. L’Angleterre a monopolisé le ballon sans toujours savoir quoi en faire. Elle a aussi montré des fragilités défensives inhabituelles et un manque de tranchant inquiétant avant l’entrée décisive de Gordon et le réveil de Kane.

Avant le rendez-vous face au Mexique, dans l’ambiance toujours lourde de l’Azteca, le message est limpide: cette équipe reste en vie, mais elle devra hausser nettement son niveau. Pour suivre l’actualité officielle de la compétition, les informations sont disponibles sur le site de la FIFA.

Serge Mbeki
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Serge Mbeki

Serge Mbeki — Rédacteur football & comparatifs bookmakers Serge Mbeki a grandi à Kinshasa. Après des études en journalisme à l'IFASIC, il travaille d'abord pour une radio sportive locale avant de se tourner vers la presse digitale en 2017, couvrant…

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