Mondial 2026: la RDC et le Cap-Vert salués pour leur percée historique


Mondial 2026: la RDC et le Cap-Vert salués pour leur percée historique

La RDC au Mondial 2026 s’est invitée dans les conversations des grandes figures du football. Diego Forlan et Hristo Stoichkov ont mis en avant le parcours des Léopards et du Cap-Vert, deux sélections débutantes qui ont bousculé la hiérarchie, tout en rappelant que l’essor africain sur la scène mondiale n’a plus rien d’un accident.

Le constat est fort: neuf des dix représentants africains ont atteint les seizièmes de finale, une performance qui marque un tournant pour le continent. Le Maroc a déjà validé son billet pour les huitièmes après avoir sorti les Pays-Bas aux tirs au but, tandis que l’Afrique du Sud et la Tunisie ont quitté la compétition. Derrière, la Côte d’Ivoire, la RDC, le Sénégal, l’Algérie, l’Égypte, le Cap-Vert et le Ghana espèrent encore prolonger l’élan africain.

La RDC au Mondial 2026, bien plus qu’une simple apparition

Pour la RDC, cette première participation n’a rien eu d’un voyage d’apprentissage. Les Léopards ont résisté dans un groupe K relevé, en prenant quatre points en trois matches. Une moisson suffisante pour terminer troisièmes et se qualifier parmi les meilleurs troisièmes du tournoi.

Ce billet arraché a une valeur particulière. Il confirme que la sélection congolaise n’est pas venue pour figurer, mais pour exister. Dans une Coupe du monde où la pression broie souvent les novices, la RDC a montré de la tenue, de la personnalité et une vraie capacité à rester dans la course.

La récompense est immense, mais l’obstacle l’est tout autant: un choc contre l’Angleterre en seizièmes de finale. Sur le papier, l’affiche semble déséquilibrée. Pourtant, la présence congolaise à ce stade raconte déjà autre chose: une équipe capable de dépasser les attentes et de s’installer dans le paysage mondial.

Le Cap-Vert, l’autre grande surprise africaine

Si la RDC a impressionné, le Cap-Vert a lui aussi signé l’un des récits les plus marquants de ce Mondial 2026. Les Requins bleus ont traversé le groupe H sans perdre, en enchaînant trois matches nuls contre l’Espagne, l’Uruguay et l’Arabie saoudite.

Ce parcours leur a permis de finir à la deuxième place derrière l’Espagne, tout en éliminant l’Uruguay et l’Arabie saoudite. Pour une sélection qui découvre la compétition, l’exploit est considérable. Et la suite a des allures de rêve éveillé: un duel face à l’Argentine de Lionel Messi au tour suivant.

Le mérite du Cap-Vert tient autant aux résultats qu’à la manière. L’équipe a affiché une vraie discipline collective, une structure claire et une capacité à rester lucide dans des matches à forte intensité. Ce n’est pas le fruit d’un simple élan émotionnel, mais celui d’une organisation solide.

Stoichkov voit dans la RDC et le Cap-Vert le résultat d’un vrai travail

Hristo Stoichkov n’a pas caché son admiration pour le Cap-Vert, qu’il a décrit comme une équipe organisée et disciplinée. L’ancien international bulgare a surtout insisté sur l’état d’esprit visible chez les joueurs et leur encadrement. À ses yeux, cette joie, cette sérénité et cette cohésion comptent énormément dans un tournoi aussi exigeant.

Son analyse va plus loin que la simple surprise du moment. Pour Stoichkov, ni le Cap-Vert ni la RDC ne doivent être regardés comme des intrus heureux. Leur présence et leurs performances s’expliquent par une préparation de longue haleine, pensée pour répondre aux exigences d’une Coupe du monde.

En clair, l’ancien Ballon d’Or estime que ce niveau atteint par plusieurs sélections africaines est le produit d’années de travail. Tous les quatre ans, rappelle-t-il en substance, les équipes construisent en vue de ce grand rendez-vous. Dans cette lecture, la réussite congolaise et capverdienne n’est pas un miracle: c’est une progression logique.

Pourquoi la RDC et le Cap-Vert n’ont plus peur de personne

Diego Forlan partage ce regard et y ajoute une nuance intéressante, surtout au sujet du Cap-Vert. L’ancien buteur uruguayen estime que cette équipe avance avec une liberté précieuse. Pour un novice, jouer sans le poids des attentes peut devenir un avantage énorme, notamment dans les matches à élimination directe.

Selon lui, le Cap-Vert profite pleinement de l’instant. Cette fraîcheur mentale, combinée à l’expérience de nombreux joueurs évoluant au Portugal, aide l’équipe à rester compétitive. Forlan a également mis en avant leur puissance physique et la bonne forme du gardien Vozinha, qu’il juge très performant depuis le début du tournoi.

Cette idée peut aussi faire écho au parcours de la RDC. Lorsqu’une sélection entre dans la compétition sans complexe, elle gagne souvent en audace et en clarté. Face à des nations plus installées, cette absence de peur change beaucoup de choses. Elle libère les joueurs, encourage les prises d’initiative et peut déplacer le rapport de force.

Un signal fort pour le football africain

Au-delà des cas de la RDC et du Cap-Vert, cette Coupe du monde envoie un message clair. L’Afrique ne se contente plus d’espérer un exploit isolé. Elle place massivement ses équipes dans les matches à élimination directe et impose progressivement sa profondeur, sa compétitivité et sa capacité d’adaptation.

Le Maroc a déjà montré la voie en se qualifiant pour les huitièmes. D’autres sélections peuvent encore suivre. Cette densité donne du relief à la performance collective du continent et conforte l’idée que les grandes nations doivent désormais compter avec des adversaires africains de mieux en mieux préparés.

Pour la RDC, l’enjeu immédiat reste immense face à l’Angleterre. Pour le Cap-Vert, le défi argentin promet une exposition mondiale rare. Mais quelle que soit l’issue, les deux équipes ont déjà modifié le regard porté sur elles. Et dans ce Mondial 2026, c’est peut-être là leur plus grande victoire. Pour suivre l’évolution du tournoi, les informations officielles restent disponibles sur le site de la FIFA.

Aminata Kouyaté
auteur

Aminata Kouyaté

Aminata Kouyaté — Analyste paris & journaliste sportive Aminata Kouyaté a grandi à Bouaké. Après une formation en journalisme à l'ISTC d'Abidjan, elle commence sa carrière dans la presse radio locale en 2003, couvrant les matchs de ligue nationale ivoirienne…

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