L’élimination de l’Afrique du Sud au dernier tour de 32 de la Coupe du monde, dimanche à Los Angeles, sur un but de Stephen Eustáquio à la 91e minute face au Canada, n’a pas entamé la conviction d’Aubrey Modiba : Hugo Broos doit rester sélectionneur de Bafana Bafana. Le latéral sud-africain estime que le technicien belge de 74 ans a accompli une transformation durable du football national – et qu’il lui reste des comptes à régler avec la Coupe d’Afrique des Nations.
Une sortie douloureuse, mais une campagne historique
Un seul but encaissé en toute fin de match contre le Canada ne doit pas occulter l’essentiel : l’Afrique du Sud disputait pour la première fois de son histoire les phases éliminatoires d’une Coupe du monde. Le parcours de Bafana Bafana dans ce tournoi est celui d’une équipe qui a appris à gagner dans la pression. Après une entrée en lice difficile, défaits 2-0 par le Mexique à l’Estadio Azteca, les Sud-Africains ont répondu en arrachant le nul 1-1 contre la Tchéquie à Atlanta avant de décrocher la qualification en battant la Corée du Sud 1-0 dans un match décisif à Monterrey. Pour ceux qui souhaitent anticiper les prochaines rencontres, consultez notre pronostic Afrique du Sud Canada.
Face au Canada, Bafana a dominé la possession mais n’a pas su convertir cette supériorité en occasions franches. Ce manque d’efficacité dans la transition possession-finition reste le point faible que Broos n’a pas encore entièrement corrigé – et qui pourrait justement motiver son maintien en poste.
Broos face à l’ambiguïté de sa propre succession
Le sélectionneur belge avait lui-même indiqué, avant même le coup d’envoi du tournoi, que cette Coupe du monde serait la dernière de sa carrière. Mais au micro des journalistes dimanche soir, sa formule a été nettement plus prudente : « Il n’est pas sage de prendre des décisions quand on est déçu. On verra dans les prochains jours ce que je ferai pour mon avenir. » Une porte entrouverte, que Modiba entend franchir à sa place.
« J’espère qu’il reste, j’espère vraiment qu’il reste, a déclaré le joueur à ESPN. Il a encore des affaires inachevées avec la CAN. » L’argument n’est pas anodin. Broos a mené l’Afrique du Sud aux demi-finales de la CAN 2024 en Côte d’Ivoire – leur meilleur résultat dans la compétition depuis l’an 2000. Vainqueur de la CAN 2017 avec le Cameroun, il connaît précisément ce que requiert une conquête continentale. La prochaine édition est prévue dans moins d’un an, organisée conjointement par l’Ouganda, la Tanzanie et le Kenya.
Une culture gagnante, héritage d’un travail de fond
Ce que Modiba souligne va au-delà des résultats. « Il a changé la mentalité des joueurs, et la façon dont on aborde les matchs. Maintenant, on ne craint personne, peu importe les noms. On croit en nous, on croit qu’on peut rivaliser avec n’importe qui. » Ce changement de paradigme psychologique – souvent le plus difficile à instaurer dans une sélection nationale habituée à douter d’elle-même – est précisément ce que les meilleurs entraîneurs laissent comme héritage durable.
Avant l’ère Broos, l’Afrique du Sud avait une relation irrégulière avec les grandes compétitions continentales et mondiales, oscillant entre absences et premières rondes. La qualification directe pour les phases à élimination directe d’une Coupe du monde représente un saut qualitatif mesurable. Perdre l’architecte de cette évolution à quelques mois d’une CAN à domicile régional constituerait un risque réel de rupture dans la dynamique en cours.
La décision qui engage l’avenir du football sud-africain
La Fédération sud-africaine de football (SAFA) se trouve à un carrefour stratégique. Recruter un successeur à quelques mois d’une grande compétition, sans continuité tactique ni familiarité avec le groupe, pourrait effacer en quelques semaines ce que Broos a construit en plusieurs années. À l’inverse, prolonger le contrat d’un technicien qui a explicitement annoncé son départ prochain demande une négociation délicate – et la garantie d’un projet commun clairement défini.
Broos lui-même semble peser ses options avec la lucidité de quelqu’un qui sait qu’un titre de CAN mettrait un point final parfait à une aventure entamée loin de chez lui. La balle est désormais dans le camp de la fédération autant que dans le sien. Pour Modiba et ses coéquipiers, le message est sans équivoque : le chantier n’est pas terminé. Pour parier sur les prochains matchs de Bafana Bafana, découvrez les meilleurs bookmakers disponibles en RDC.
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