Le CHAN 2025 transforme Nairobi en laboratoire grandeur nature pour la CAN 2027


Quand le coup de sifflet final a retenti au Moi Sports Centre Kasarani et que le Maroc a soulevé le trophée du Championnat d’Afrique des Nations face à Madagascar, quelque chose de plus grand que le titre s’est joué dans les tribunes. Le Kenya venait de réussir son examen continental. Pendant plus d’un mois, Nairobi avait vibré au rythme d’un tournoi inédit dans son histoire footballistique, et cette expérience collective – des stades aux salles de presse en passant par les fan zones – constitue désormais le socle sur lequel reposera l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2027, que le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda accueilleront ensemble sous le nom de Pamoja 2027.

Une répétition générale qui a tenu ses promesses

Le CHAN est un tournoi à part dans le calendrier africain : réservé aux joueurs évoluant dans les championnats domestiques de leur pays, il reflète l’état réel du football de club sur le continent. Pour la CAF, confier simultanément cet événement et la CAN à une même région n’est pas un hasard. C’est une stratégie délibérée de montée en charge. Hussein Mohammed, président de la Fédération kényane de football (FKF), résume la logique : « Le CHAN nous a appris ce qui fonctionne et ce qui doit être amélioré. Il nous a exposés aux exigences d’accueil d’un événement continental et nous a montré que le Kenya peut livrer quand tous les acteurs tirent dans le même sens. »

Nicholas Musonye, président du Comité local d’organisation et administrateur chevronné du football africain, partage cette lecture. Pour lui, aucun plan sur papier ne remplace l’épreuve du réel : gérer simultanément des milliers de supporters, des délégations officielles, des équipes techniques et une presse internationale constitue un apprentissage que nulle simulation ne peut reproduire fidèlement. Le CHAN a notamment mis en lumière des points de friction concrets – gestion des foules, systèmes de billetterie, coordination sécuritaire – autant de failles identifiées à temps, avant que l’enjeu ne soit encore plus élevé. Pour suivre l’évolution des compétitions africaines, consultez notre pronostic TP Mazembe AS Simba.

Les médias, acteurs invisibles d’un tournoi réussi

Derrière l’organisation sportive se joue une autre bataille, moins visible mais tout aussi décisive : celle des opérations médiatiques. Elias Makori, journaliste sportif vétéran qui a dirigé le département Médias du comité d’organisation, estime que le CHAN a changé la perception extérieure du Kenya. « Pendant des années, beaucoup de Kényans doutaient de notre capacité à organiser un événement de cette ampleur. Le CHAN a prouvé qu’avec une planification rigoureuse et un soutien gouvernemental, c’est possible. »

La réussite des opérations médiatiques – zones mixtes, conférences de presse, production de contenu numérique – a également ouvert un espace de formation pour une nouvelle génération de professionnels. Ruckiel Odikor, journaliste de 24 ans ayant travaillé avec l’équipe digitale de la CAF, décrit le tournoi comme une initiation concrète aux standards internationaux. Son confrère Stanley Mandila, qui couvrait sa première compétition internationale, souligne un angle souvent négligé : les grands tournois ne créent pas seulement des scènes pour les joueurs, ils génèrent aussi des opportunités réelles pour les journalistes, les photographes, les diffuseurs et les bénévoles. C’est un écosystème entier qui se structure autour du football de haut niveau. Pour parier sur les prochains grands rendez-vous, découvrez les meilleurs bookmakers en RDC.

Le douzième homme : des tribunes qui ont raconté une histoire

Au-delà de la logistique, le CHAN a révélé quelque chose de plus difficile à planifier : l’enthousiasme populaire. Les travaux de rénovation du Stade Nyayo et du Moi Sports Centre Kasarani ont accueilli des tribunes combles. Les fan zones installées dans la capitale et dans plusieurs grandes villes ont créé une atmosphère que beaucoup de supporters kényans n’avaient pas connue depuis longtemps. Peter Otieno, supporter de longue date du Gor Mahia FC, club recordman du championnat kényan avec vingt-deux titres nationaux, y voit la résurgence d’une fierté collective : « L’ambiance m’a rappelé l’époque où tout le pays se mobilisait derrière l’équipe nationale. Voir des supporters de différents pays savourer le football ensemble m’a convaincu que la CAN 2027 sera quelque chose de spécial. »

Cet appétit du public n’est pas anodin. L’une des variables les plus délicates dans l’organisation d’une compétition continentale est précisément la mobilisation des spectateurs locaux. Des stades vides terniront n’importe quel bilan, aussi impeccable soit-il sur le plan logistique. Le CHAN a apporté la preuve que la demande existe, qu’elle peut se concrétiser en billets vendus et en atmosphère festive – un signal fort à destination des partenaires commerciaux et des diffuseurs qui évalueront la CAN 2027.

Vers 2027 : la confiance, oui – mais sans complaisance

La CAN opère sur une tout autre échelle que le CHAN. Davantage d’équipes, un flux médiatique décuplé, des exigences protocolaires plus strictes, une exposition commerciale incomparablement plus large : tout s’amplifie. Pamoja 2027 sera, pour la première fois de l’histoire, une CAN co-organisée par trois pays, ce qui ajoute une couche de coordination régionale inédite. La Tanzanie et l’Ouganda, parties prenantes à égalité du projet, ont elles aussi bénéficié du CHAN comme terrain d’apprentissage.

Hussein Mohammed fixe le cap sans euphémisme : « Je crois qu’avec l’expérience accumulée, la CAN 2027 sera mémorable non seulement au Kenya, mais aussi en Ouganda et en Tanzanie. L’Afrique de l’Est va laisser une empreinte. » La nuance, toutefois, est essentielle : le CHAN a fourni un diagnostic, pas une garantie. Les leçons n’ont de valeur que si elles sont traduites en ajustements concrets, en investissements ciblés et en coordination sans faille entre les trois pays hôtes, leurs fédérations respectives et la CAF. L’expérience acquise constitue un capital précieux. Sa conversion en résultats, elle, reste l’enjeu des deux années qui viennent.

Serge Mbeki
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Serge Mbeki

Serge Mbeki — Rédacteur football & comparatifs bookmakers Serge Mbeki a grandi à Kinshasa. Après des études en journalisme à l'IFASIC, il travaille d'abord pour une radio sportive locale avant de se tourner vers la presse digitale en 2017, couvrant…

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